S’agit-il d’éventuelles pressions qui auraient été exercées sur les membres de l’Instance ? Pour Baffoun, la réponse est un non catégorique. «Aucune pression n’a été exercée sur l’Isie pour prolonger cette date butoir », a-t-il souligné, assurant qu’il s’agit d’une décision qui relève uniquement des prérogatives de l’instance

Le président de l’Instance supérieure indépendante pour les élections, Nabil Baffoun, a annoncé  la prorogation, au 15 juin prochain, de la date de clôture des inscriptions au registre électoral pour les élections législatives et la présidentielle, initialement fixée au 22 mai 2019.

Alors que l’Isie tablait sur un total d’un million 100 mille nouvelles inscriptions, le nombre total des nouveaux électeurs inscrits au registre électoral a atteint, jusqu’au mercredi 22 mai, 1 million 156 mille dont 43% de jeunes âgés entre 18 et 25 ans. Le nombre total d’électeurs inscrits à ce registre électoral s’élève, quant à lui, à 6 millions 800 mille. Pourquoi a-t-on donc prolongé la date des inscriptions ?

Pour Nabil Baffoun, il s’agit d’une décision qui a été prise à l’unanimité par les membres du conseil de l’Instance, pour permettre aux Tunisiens résidant à l’étranger de s’inscrire et participer aux prochaines élections. « Ces derniers n’ont pas bénéficié, dès le début de la période d’inscription, des mêmes services et conditions d’inscription fournis à leurs concitoyens en Tunisie », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse, affirmant que la décision de prorogation n’aura aucune incidence sur le calendrier électoral.

Dans une lettre adressée à l’Isie, fin avril dernier, 19 associations, 9 partis et une centaine de personnes physiques ont signé une déclaration conjointe afin d’appeler à mettre en œuvre toutes les conditions de réussite de la participation des Tunisiens à l’étranger aux prochaines élections. En effet, le collectif avait accusé un retard au niveau de la mise en place des instances régionales de l’Isie à l’étranger, un manque d’information, une difficulté d’utiliser la plateforme d’inscription en ligne, et un faible nombre de personnes en charge de l’opération d’inscription.

Aucune pression

Pourtant, quelques jours plus tôt, Anis Jarboui, membre de l’instance, a fait savoir que le budget « limité » de l’Isie ne permettait pas de prolonger les délais d’inscription des électeurs. « Le budget limité alloué à l’instance électorale pour organiser les scrutins législatif et présidentiel prévus, respectivement, en octobre et en novembre 2019 pourrait entraver la prolongation des délais d’inscription », avait-il affirmé.

S’agit-il alors d’éventuelles pressions qui auraient été exercées sur les membres de l’Instance ? Pour Nabil Baffoun, la réponse est un non catégorique. « Aucune pression n’a été exercée sur l’Isie pour prolonger cette date butoir », a-t-il souligné, assurant qu’il s’agit d’une décision qui relève uniquement des prérogatives de son instance.

Plusieurs partis politiques ont appelé l’instance électorale à prolonger la date limite des inscriptions, et ce pour élargir le registre électoral, ciblant notamment les Tunisiens à l’étranger non inscrits dont le nombre s’élève à 400 mille. Récemment, c’est le parti Ennahdha qui a lancé cet appel, pour examiner la possibilité de prolonger la période d’inscription et ce « afin de remédier aux lacunes observées au niveau des inscriptions à l’étranger, mais aussi de permettre à un plus grand nombre de Tunisiens de participer aux prochaines échéances électorales », a indiqué le parti.

Rappelons que, durant cette campagne qui se poursuivra, donc, jusqu’au 15 juin, l’Isie a œuvré à cibler des catégories d’électeurs potentiels non inscrits, les élèves et les étudiants âgés de plus de 18 ans, en particulier les chômeurs, les femmes au foyer, les femmes travaillant dans le secteur agricole et les retraités.

Il serait opportun de rappeler également qu’ils étaient 1.914.239 électeurs à avoir voté durant les dernières élections municipales de 2018 et 3.579.257 durant les législatives de 2014.

La liste définitive des électeurs sera fixée au plus tard le 27 juin 2019, et ce conformément au calendrier électoral publié au Jort. Les élections législatives se dérouleront le 6 octobre 2019. Le premier tour de la présidentielle aura lieu le 17 novembre 2019 pour les Tunisiens résidant à l’étranger, les législatives se dérouleront les 4, 5 et 6 octobre, alors que la présidentielle se tiendra les 15, 16 et 17 novembre.

 

K.J.     

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