Il est évident que les différents dérapages dans lesquels s’enfoncent les responsables et les différents acteurs politiques découlent d’une désagrégation et d’une démobilisation à toute épreuve. On sait aujourd’hui ce qui fait la faiblesse de ce qui est entrepris. Mais on sait encore davantage l’inaptitude des différentes parties prenantes à redresser tout ce qui a rapport à la récession économique et financière, à la crise sanitaire, mais aussi au blocage politique qui ne cessent de porter préjudice à l’image et à la crédibilité  du pays.

Selon le journal émirati Al-Ain, « la Tunisie est un pays dans le besoin, comme Gaza ». Ou encore plus loin : « Le peuple tunisien est content de l’arrivée de 500 vaccins (1000 doses) contre le Covid-19, offerts par les Emirats arabes unis. Il remercie les EAU pour leur volonté de tendre la main à tous ceux qui en ont besoin… »   

Il  y a au fait matière à discussion sur tout ce qui est engagé ici et là depuis 2011 et qui ne cesse d’altérer l’image, voire la souveraineté du pays. On a l’impression que les décideurs évoluent dans un monde à part, où on ne voit pas comment ils peuvent réformer sans se tromper. Tenir aujourd’hui une comptabilité sur les dérives engendrées par une pareille indisposition à relever les défis auxquels est confrontée la Tunisie relève d’un exercice de haute voltige. De façon générale, la plupart de ceux qui occupent des responsabilités clés baignent, transpirent, dégagent et produisent un environnement qui est loin de répondre aux véritables exigences du pays. Entre pas de vision, ou une vision trop étroite, ils se perdent et se trompent d’opportunités.

La Tunisie est aujourd’hui dans une phase infertile. Une phase infructueuse de rénovation et de dépoussiérage. Déclamées par les uns, critiquées par les autres, les approches et les stratégies adoptées désolent autant qu’elles choquent. Il y a ceux qui enfoncent le clou et leurs apologistes, mais aussi tous ceux qui contribuent à l’échec. Il y a ceux qui gèrent, mais également tous ceux qui n’ont pas la volonté d’aider, de préserver et de parer aux problèmes.

Les manquements et les excès ne peuvent en aucun cas constituer une excuse aux dérapages. On ne doit pas l’oublier : les dérives successives des politiques désavouent les valeurs et les principes de la Révolution et de ses lettres de noblesse. Nous sommes passés des acteurs, qui étaient le modèle de dévouement et d’attachement au pays, à ceux plutôt préoccupés par les considérations d’intérêts personnels et partisans. Ceux qui n’ont plus visiblement de lien avec tout ce qui a été annoncé et rêvé il y a dix ans.

Le paysage politique est resté bloqué au stade absurde d’une superposition négative de ses acteurs et une inépuisable et injustifiable euphorie…

Au-delà des doutes de plus en plus justifiés, des éternelles interrogations, des objectifs et attentes rarement atteints, voire compromis, au-delà aussi de l’incapacité de la plupart des ces acteurs à mériter ce qu’ils ont obtenu, c’est tout le système politique qui est aujourd’hui, et plus que jamais, mis en cause.

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