Une étude sur l’état de pollution par le plastique dans les îles Kerkennah a été lancée par le Fonds Mondial pour la Nature Afrique du Nord (WWF-NA) et l’Institut agronomique méditerranéen de Montpellier (CIHEAM Montpellier), dans l’objectif commun d’appuyer la dépollution des îles Kerkennah des déchets plastiques.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie  » Kerkennah Plastic Free  » élaborée par le projet DEVLOK, d’une part, et de la stratégie de conservation des petites zones humides dans les îles conduite par le projet MedIsWet  » Mediterranean Island Wetlands « , d’autre part. En effet, l’archipel de Kerkennah, situé dans le Golfe de Gabès, est constitué de quatorze îles et îlots ayant un relief plat à paysage de basses steppes et caractérisé par des formations sédimentaires majoritairement meubles, dont presque le tiers du territoire est occupé par des sebkhas. Ces dernières représentent un important site d’hivernage pour plusieurs oiseaux. En outre, les îlots situés au nord-est de l’archipel présentent une richesse biologique remarquable avec de nombreuses espèces animales ou végétales endémiques, rares ou menacées. De plus, ses fonds marins abritent l’un des plus remarquables herbiers à Posidonia Oceanica du sud de la Méditerranée. Mais l’isolation des îles de Kerkennah, le changement rapide du niveau marin, la salinisation des sols, la pêche intensive, l’érosion côtière et le rejet non contrôlé des déchets contribuent énormément à la dégradation de ses écosystèmes fragiles et la rendent de plus en plus vulnérable. Cette vulnérabilité, associée aux caractéristiques écologiques significatives des îles Kerkennah, leur a valu la désignation d’un site Ramsar et d’une réserve naturelle (ONU, 2014).

WWF-NA rappelle que la production des déchets plastiques à Kerkennah, est estimée à 7000 tonnes par an. L’existence d’un seul collecteur privé agréé et l’ouverture récente de la décharge contrôlée ne permettent pas de contenir cette pollution et de l’empêcher d’envahir les espaces publics et l’environnement terrestre et maritime.

Cette pollution, par son omniprésence, est devenue un enjeu environnemental et sanitaire majeur. La présence du plastique dans les fonds marins détruit, comme l’attestent de nombreux pêcheurs, le milieu de vie de différentes espèces marines et menace, par sa décomposition, la santé des consommateurs. Par ailleurs, cette pollution impacte fortement, le secteur touristique en défigurant les paysages naturels de l’archipel. Ce faisant, elle compromet également l’avenir économique de l’île qui repose principalement, sur ces richesses naturelles. Ce constat est partagé par l’ensemble des forces vives du territoire mais les chiffres qui illustrent l’état réel de la pollution par le plastique n’existent pas ou, dans les meilleurs des cas, sont très sommaires. Ces chiffres sont d’une importance capitale pour mettre en place des mesures concrètes de restauration, a encore estimé le fonds. L’étude envisagée sur la qualification et quantification de l’état de pollution dans les îles de Kerkennah vise ainsi à combler l’absence des chiffres sur l’état réel de pollution plastique sur l’archipel et à favoriser le processus de sa dépollution.

DEVLOK est un projet de développement local, financé par la Délégation de l’Union Européenne en Tunisie, qui a pour objectif d’installer des initiatives économiques et sociales répondant aux attentes de la population locale et valorisant les ressources du territoire. MedIsWet est un projet méditerranéen conjoint, financé par la Fondation Mava pour la Nature, qui vise à la conservation des zones humides insulaires dans la Méditerranée.

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