Encore une fois, des décisions gouvernementales, prises à la hâte, viennent causer des dommages à une économie déjà agonisante ainsi qu’un surplus de stress pour une société totalement désorientée. Des préjudices que l’on aurait pu éviter en prenant soin de rendre ces décisions plus souples et surtout en veillant à ce qu’elles soient mieux planifiées, mieux appliquées et comportant des mesures d’accompagnement claires visant à amortir le choc pour les activités les plus touchées .

Il s’agit des décisions, prises dans le cadre de la gestion de la crise causée par la pandémie «corno-virale» et se résumant en un confinement général décrété pour la période allant de, quatre jours avant l’Aïd à dimanche dernier (du 9 au 16 mai, inclus). Cela, en plus d’un couvre-feu à partir de 19h00, venu proroger une précédente mesure similaire mais bâtarde dont l’efficacité reste douteuse, ayant accompagné le mois saint (à partir de 19h00 pour tout moyen motorisé et 22h00 pour tous).

Tout cela en l’absence d’un contrôle rigoureux permettant une bonne application desdites restrictions, (Faible recours aux mesures coercitives prévues par la loi) surtout dans les quartiers populaires où la promiscuité est spectaculaire et les comportements préventifs défaillants. Le confinement général étant, il faut le reconnaître, l’expression d’un échec national général et honteux (population et gouvernement) face à un danger visible et évitable.

Décisions que l’on pouvait donc éviter, si ce n’est le laxisme de tous et qui ont pris tout le monde de court, puisque le chef du gouvernement n’avait jamais cessé, auparavant et tout au long de plusieurs semaines, d’assurer que le confinement général n’est pas envisagé et ne le sera pas. Engagement qu’il avait pris même au cours de la période où une flambée des infections a été enregistrée.

Comme nous l’avons suggéré dans une précédente chronique, et plusieurs jours avant cette fameuse décision (voir notre contribution parue le 28-04-2021), le confinement général était inévitable et même salutaire à condition, toutefois, de le décréter pour le jour de l’Aïd et jours suivants et non quatre jours avant l’Aïd, soit au moment où l’effervescence économique est à son apogée.

Il s’agissait d’attendre que ces quelques journées vitales passent pour appliquer le confinement général, et ce, afin d’éviter des dégâts supplémentaires à notre économie et éviter en plus de cela un grand stress social. Le confinement aurait donc pu être décrété juste le jour de l’Aïd et jours suivants, période au cours de laquelle l’activité économique entre le plus normalement du monde en réelle léthargie. C’est d’ailleurs ce qui se passe, depuis des siècles et dans tous les pays, au lendemain des grandes fêtes sociales.

Plusieurs petits commerces, petits métiers et certains services, surtout ceux étroitement liés à la fête, ont ainsi reçu un coup dur alors qu’ils attendaient impatiemment l’aubaine de l’Aïd. Certains ont même investi des sommes parfois au-dessus de leurs moyens afin de profiter du pic que l’on enregistre chaque année au niveau de la consommation, surtout que l’année dernière, et à cause du confinement général, ces mêmes opérateurs avaient subi de grands préjudices.

Quant aux mesures soi-disant d’accompagnement, prises tardivement par le gouvernement afin de faire baisser, un tant soit peu, le niveau de la colère qu’il avait provoquée, elles ne peuvent jamais réparer un manque à gagner flagrant. Le mal est fait, tout le reste n’est que vaines palabres. Faire reculer les échéances du versement des contributions fiscales ou sociales ne résout pas le problème, puisque le concerné doit tôt ou tard payer. Pourquoi, en plus, pousser certains petits opérateurs économiques, déjà asphyxiés par la crise à contracter des prêts, fussent-ils avantageux ?

Et comment ces foutus salariés et, derrière eux, tous ces lobbies mafieux, qui nous gouvernent, pourraient-ils être conscients et sensibles à cette notion catastrophique de manque à gagner, surtout pour un petit détaillant, un petit artisan ou un journalier ? Un manque à gagner qui touche également l’Etat en termes de recettes fiscales.   

A noter que ce sont toujours les salariés, les rentiers, les spéculateurs et autres professions libérales aux recettes juteuses qui, dans ce pays qui marche sur la tête, tirent souvent leurs ficelles du jeu, chaque fois que le confinement général est décrété, ou pendant les crises.

Nous avons, de notre côté, attiré l’attention, ici même, l’année dernière à la mi-mars sur les dommages considérables et irréparables qu’un confinement général, mal planifié, pourrait causer au pays, et ce, juste avant que ladite mesure, qui s’est avérée assez longue et catastrophique à plus d’un niveau, ne soit décrétée par le gouvernement précédent.

En dehors d’un couvre-feu intégral chaque week-end et l’application rigoureuse du protocole sanitaire dans la vie publique, par la force de la loi, aucune mesure, y compris le confinement général, ne pourrait, en effet, résoudre le problème avec ses composantes sanitaire, sociale et économique.

Décréter un confinement général c’est constater, comme déjà dit, l’échec du couple gouvernement-population. Un laxisme révoltant de part et d’autre. Le pouvoir exécutif, seul détenteur de la violence dite légitime, devait appliquer, face à l’indiscipline générale et généralisée, la loi, sans pitié et selon les étapes de plus en plus coercitives prévues. Or, comment aurait-il pu prendre le taureau par les cornes alors qu’il a les mains liées ?

La législation, quant à elle, est appelée à évoluer dans un sens plus coercitif et considérer les manquements aux règles préventives comme des actes violents, pouvant être assimilés au vandalisme et, dans le cas des personnes se sachant infectées, au terrorisme.

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