Le football africain, comme le voulait son président, Ahmed Ahmed est un monde à part. En soi. Pour ne pas dire entre soi. Avec ses propres règles. Il suit sa propre logique, son propre tempo. Tout n’est qu’intérêts, contradictions et intrigues. Pourtant, lors de son élection surprise à la tête de la CAF, le successeur de l’inamovible Issa Hayatou, s’était engagé à réformer le football continental. Les déceptions n’ont pas attendu longtemps. Depuis son intronisation, le football africain est devenu le sport collectif le plus aléatoire du continent. Le football africain est en danger. Cela provient tout particulièrement de son président et des personnes dont il veille aux intérêts. Des personnes qui gravitent tout au tour.
Sous le « règne » d’un président hors du temps, hors des normes, le football africain semble à présent presque définitivement intégré dans la sphère des conflits, des affrontements et des excès. Tous les aléas et les dépassements qui en découlent nous amènent à nous interroger sur la manière de la gouvernance et de la gestion de l’instance africaine. Voilà qui désapprouve un milieu de plus en plus miné. L’optimisation négative et extrême de presque tous les paramètres sportifs font sens d’une instance marquée à la fois par les excès et les débordements. La corruption aussi puisque Ahamad Ahamad vient d’être interpellé à Paris lors du congrès de la Fifa. Une L’interpellation qui serait liée au  HYPERLINK « https://www.jeuneafrique.com/764089/societe/caf-ahmad-ahmad-repond-aux-accusations-de-corruption-et-de-harcelement-sexuel/ » contrat rompu unilatéralement par la CAF avec l’équipementier allemand Puma pour s’engager avec la société Tactical Steel. Une signature de contrat qui, selon l’ex-secrétaire général de l’instance continentale Amr Fahmy, aurait été favorisée par la proximité entre Ahmad Ahmad et un des dirigeants de l’entreprise française, et dont le surcoût atteindrait 830 000 dollars.
La constatation que nous pourrions faire aux décisions de la CAF a trait aux actes et aux prises de position sans fondement et qui dénaturent tout le football africain. Surtout celles émanant d’un président qui se contredit sans cesse. La décision de faire rejouer le match retour de la finale de la Ligue des champions et les arguments avancés, notamment ceux liés à la sécurité, déçoivent autant qu’ils choquent, tel qu’il devient plus qu’urgent de s’y pencher sérieusement et de faire face aux abus et aux débordements de ce président devenu indésirable, en déphasage avec son temps et son époque. D’ailleurs le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a réagi à travers sa page officielle Facebook, aux alibis du président de la CAF indiquant que celui qui met en doute les capacités et les aptitudes de nos forces de l’ordre, qu’il a tenu à l’occasion à saluer, doit assumer ses responsabilités, affirmant que la compétence de nos forces de l’ordre constitue un exemple dans le monde entier.
Vivre la glorieuse incertitude dans le football, après avoir amplement mérité son sacre, il n’y a pas de plus frustrant. On pense à l’injustice. Pourquoi Ahmad Ahmad a-t-il favorisé le WAC ? Dans cette interrogation, il ne s’agit plus malheureusement de savoir qui est le meilleur des deux finalistes, mais plutôt qui sait le mieux jouer avec le système. L’Espérance n’a pas joué contre un adversaire en particulier. Elle a joué pour se battre contre l’idée de l’injustice. Contre l’affairisme, les combines.
L’EST peut se sentir victorieuse, même moralement de cette finale. C’est le football africain, ce n’est pas toujours la meilleure équipe qui mérite le sacre. S’ils continuent à jouer comme cela, les « sang et or » auront l’occasion de battre n’importe qui.
En dépit de cette injustice historique, les joueurs et leur président, Hamdi Meddeb, continueront à rester loyaux face à un système orienté vers l’excès et l’injustice. Face à des responsables de la CAF qui associent avec imprécision rigueur et dépassement. Ils en font un prétexte, voire des fois une raison, pour dénaturer le football.
Il convient ainsi de questionner la politique sportive actuelle de la CAF et de son président dont les approches consacrent des actes d’absolution, de décharge et de défaillances à des degrés de gravité très variés. L’injustice dans le football africain perdure, s’éternise et se conserve. Les pays membres doivent faire face à ce phénomène qui guette le football africain, le prive de quiétude et de dimension.

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