• Les partis politiques, qu’ils soutiennent le processus du 25 juillet ou s’y opposent, ne seront pas autorisés à participer à la campagne électorale des législatives anticipées du 17 décembre prochain
• L’Isie ne précise pas les mécanismes qui lui permettront d’interdire aux partis politiques de participer aux campagnes de leurs propres candidats qui doivent se présenter à titre individuel

Maintenant que  les dés sont définitivement jetés, que les Tunisiens et les Tunisiennes sont édifiés sur les différentes étapes qui présideront aux élections législatives anticipées prévues le 17 décembre prochain, jusqu’à la proclamation des résultats définitifs et le  dévoilement de la composition finale du prochain Parlement, qu’on pourrait découvrir en mars 2023 au cas où l’Isie serait obligée d’organiser un deuxième tour dans certaines circonscriptions électorales et que les membres de l’Isie conduits par Farouk Bouaskar et Mohamed Tlili Mansri, respectivement président et porte-parole de l’Instance, mènent quasi quotidiennement une campagne d’information, de vulgarisation et de sensibilisation sur les nouvelles dispositions contenues dans  le décret présidentiel du 15 septembre dernier, relatif à l’amendement de la loi électorale de 2014, la grande question que se posent beaucoup de citoyens, d’observateurs et d’analystes politiques tunisiens et étrangers est la suivante: quel  avenir pour les partis politiques aussi bien ceux qui participeront au rendez-vous du 17 décembre prochain que ceux qui ont annoncé qu’ils ont décidé de boycotter cette échéance électorale ?

Autrement dit, et avec plus de clarté et de précision : que vont faire à l’avenir des partis comme Ennahdha, Attayar, Al Joumhouri, Afek Tounès, à titre d’exemples, du moment qu’ils seront interdits, du fait de leur décision de boycotter les élections et aussi du fait qu’ils n’ont pas le droit de participer à la campagne électorale des candidats qui se présenteront à titre personnel à ces mêmes élections, même s’ils sont connus pour leur appartenance à ces mêmes partis ?

Ainsi, comme l’a précisé, au milieu de la semaine qui vient de s’écouler, Mohamed Tlili Mansri, porte-parole de l’Isie: «Les partis politiques, qu’ils soutiennent le processus du 25-Juillet 2021 ou qu’ils s’y opposent ouvertement et le considèrent comme un coup d’Etat, ont le droit de présenter leurs propres candidats aux élections législatives anticipées du 17 décembre 2022, mais sans que leurs dossiers de candidature ne portent de signes indiquant leur appartenance aux partis en question, puisque la candidature de quiconque n’est déclarée recevable qu’à la condition qu’elle soit soumise individuellement et à titre personnel». Toutefois, Mansri ajoute : «Les partis politiques, qu’ils soient parmi ceux qui vont boycotter les élections ou parmi ceux qui ont fait part de leur décision d’y participer, ne seront pas autorisés à participer aux campagnes électorales de leurs candidats».

Le porte-parole officiel de l’Isie ne précise pas sur quel article du décret présidentiel du 15 septembre 2022 il fonde ses affirmations.

Il n’éclaire pas, aussi, la lanterne de l’opinion publique et des observateurs tunisiens et étrangers qui suivront la campagne électorale censée se tenir du 25 novembre au 15 décembre prochains à l’intérieur du pays, sur les moyens que l’Isie va mettre en œuvre pour interdire effectivement les partis politiques d’accompagner voire de diriger effectivement sur le terrain les campagnes électorales des candidats qu’ils sont, faut-il le rappeler, autorisés de présenter aux législatives tant attendues.

Des partis empêchés d’être représentés au Parlement

Demeure posée, avec insistance, une grande problématique qu’on pourrait résumer en ces termes : un parti politique qui ne participe pas aux campagnes électorales de ses propres candidats à la députation qui pourraient investir le palais du Bardo mais seront interdits de proclamer leur appartenance à ce même parti ou défendre ses thèses et ses orientations, de quel avenir peut-il se prévaloir, c’est-à-dire quel discours va-t-il développer demain et quel écho ce même discours va-t-il susciter auprès de l’opinion publique et aussi auprès des militants qui s’activent au sein de ce même parti ?

Les analystes qui évoquent cette problématique sans proposer des réponses convaincantes ne font pas de distinction entre les partis pro-25-Juillet d’une part et ceux, d’autre part, qui ne cessent de clamer leur opposition au Président Kaïs Saïed et aux décrets qu’il prend à un rythme de plus en plus soutenu.

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