Il était près de 10h45 lorsqu’une première déflagration est entendue à la rue Charles-de-Gaulle, à seulement une centaine de mètres de l’ambassade de France à Tunis. A cette heure de la journée, cet endroit est très fréquenté, ce qui a rendu difficile le travail de la police et des ambulanciers, qui avaient du mal à se frayer un chemin pour accéder au lieu du drame. Les policiers ont alors repoussé la foule de curieux et les journalistes pour créer un périmètre de sécurité. «S’il vous plaît, aidez-nous à faire notre travail, la menace est toujours présente, et il pourrait y avoir une deuxième explosion», explique un policier pour tenter de convaincre les centaines de citoyens à s’éloigner. 20 minutes plus tard, les policiers parviennent enfin à installer un cordon de sécurité autour de la scène du crime odieux.

Très vite, plusieurs fourgons de la police scientifique ont commencé à affluer pour annoncer le début de l’enquête sur les tenants et aboutissants de cet attentat terroriste. La police a également réquisitionné des véhicules de remorquage afin de dégager les voitures en stationnement près du lieu de l’attentat et qui gênent le travail des policiers et des secours.    

Selon les premiers éléments de l’enquête, un terroriste se serait fait exploser à proximité d’un véhicule de police, faisant une victime. Il s’agit d’un policier. Selon un ambulancier surplace, il y aurait aussi trois victimes parmi les civils, dont une femme qui se trouve dans un état critique. Quelques minutes plus tard, vers 11h du matin, une deuxième explosion est signalée dans un parking proche de la direction de la police judiciaire d’Al-Gorjani.

Plusieurs boutiques se trouvant à l’Avenue Habib-Bourguiba ont préféré fermer pour éviter toute mauvaise surprise. «Ce n’est pas la police qui nous a demandé de fermer, il s’agit d’une décision prise par la direction de notre magasin», nous confie la vendeuse d’une grande enseigne de prêt-à-porter.

Dans une déclaration aux médias donnée à l’avenue Habib-Bourguiba, le chef du gouvernement a tenu à rassurer les Tunisiens quant au bon niveau de sécurité dans le pays. Il a estimé que ces attentats ne doivent en aucun cas occulter les succès de nos forces de sécurité qui ont réalisé plusieurs coups de filet lors des derniers mois.

A quelques mètres du lieu du drame, des centaines de Tunisiens se sont mis spontanément à entonner l’hymne national et à crier des slogans hostiles à l’extrémisme et au terrorisme.

«J’ai parfaitement confiance en nos forces de sécurité et aux institutions de la République», nous explique Ibtissem, jeune cadre d’une banque de renommée dont le siège est proche du lieu de l’attentat. Ce double attentat intervient dans un contexte particulier en Tunisie, à l’heure où les chiffres montrent que l’on se dirige vers une  saison touristique exceptionnelle. L’attentat intervient également à quelques mois seulement des élections législatives et présidentielle.

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