Cop 28, des enjeux et des ambitions

Editorial La Presse

 

LA COP 28 s’ouvre aujourd’hui à Dubai sous un ciel de plomb, la guerre qui se déroule dans la région et ses milliers de morts risquent d’obscurcir son éclat et son actualité. Mais à la lumière du nombre de participants (près de 200 pays et plus de 70.000 personnes attendues), cette grand- messe du climat va briller tout de même ; elle semble intéresser et préoccuper les esprits des hauts décideurs, des organisations nationales et non gouvernementales, des scientifiques, des militants pour la préservation de l’environnement. Tant mieux ! 

Où l’on constate que les participants signataires de la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques, entrée en vigueur en 1994, issus aussi bien du monde développé que du monde en développement et les légions de responsables défenseurs du climat, prennent de plus en plus conscience des désastres que provoque le changement climatique, leur nombre croît à mesure que les catastrophes naturelles se multiplient. C’est à croire que la fibre verte est au cœur de leurs préoccupations. Tant mieux encore !      

L’objectif de cette session est présenté comme suit : accélérer la transition énergétique, définir le financement de l’action climatique, placer la nature, les personnes, la vie et les moyens de subsistance au cœur de l’action pour le climat et veiller à l’inclusivité totale de chacun des aspects du processus. Sur le sujet récurrent et incontournable de  la réduction des gaz à effet de serre (GES), la COP 28 ambitionne de voir les États négocier le texte du « bilan mondial » : un bilan des mesures prises jusqu’à présent accompagné d’objectifs pour les années à venir.

Sur cette base, les pays devront proposer ensuite, d’ici à 2025, de nouvelles contributions déterminées au niveau national, autrement dit des plans d’action pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. C’est, nous semble-t-il, vague et cela pose plus de problèmes qu’il n’en résout. On suivra les débats sur ce sujet crucial.

Avouons qu’au vu des séries de catastrophes récentes, rares sont les humains qui n’évoquent pas les effets du climat ; l’humanité ( à travers les participants à la COP actuelle) devrait faire face à ces phénomènes avec une franche volonté et leur trouver des solutions à moyen ou à long terme. Les écologistes, les  représentants des minorités, les citoyens sont conscients des dangers, ils réclament leur volonté de se faire entendre, l’enjeu est vital pour le futur de la  terre, de la flore, de la faune, des mers et des océans. Bref, de notre vie.

Parmi les discordes majeures, il se trouve encore (malheureusement) beaucoup de hauts responsables, de grands groupes et partis politiques qui remettent en cause les résultats des scientifiques qui démontrent les conséquences des gaz à effet de serre sur le changement climatique, lequel, pour eux, représente  « un cycle » et non « une responsabilité de l’homme ». Pourtant, la communauté scientifique est unanime, elle l’a affirmé plus d’une fois : un important réchauffement planétaire allait survenir.

Pour l’actuelle COP, comme pour celles à venir, les enjeux financiers sont énormes et les arguments des défenseurs du climat et ceux  des climato-sceptiques se heurtent violemment. Il faut dire que le sujet est complexe, pour être résumé et simplifié, tant les hypothèses et les nouvelles approches se multiplient d’une COP à l’autre.

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