Tunisie-Afrique : Zleca : quels impacts sur l’économie tunisienne

La Commission économique pour l’Afrique et le ministère du Commerce ont organisé, récemment, à Tunis, le Forum national sur la zone de libre-échange continental africaine (Zleca), visant à sensibiliser les parties prenantes nationales pour une meilleure appropriation et implication dans la mise en œuvre de la Zleca en Tunisie.

La mise en place de la Zleca commence par l’élaboration d’une stratégie au niveau national et des mécanismes institutionnels adéquats pour mener à bien l’exploitation des opportunités offertes par cette nouvelle zone.
Les participants à ce forum se sont accordés sur les implications potentielles positives de la Zleca pour l’économie tunisienne. Parmi les secteurs à même de bénéficier de la nouvelle zone de libre- échange, figurent ainsi les industries pharmaceutiques, agroalimentaire, les matériaux de construction, ainsi que le secteur des services, notamment dans les domaines de l’ingénierie et des services médicaux.

Orientations stratégiques
L’adhésion récente de la Tunisie au Comesa, son rapprochement avec la Cedeao, l’instauration d’un forum économique africain annuel en Tunisie et l’implication active du pays dans toutes les phases de négociation pour la mise en place de la Zleca ont confirmé la place grandissante de l’Afrique dans les orientations stratégiques de la politique économique tunisienne.
«Tous ces efforts resteraient incomplets en l’absence d’une vulgarisation sur l’état d’avancement des négociations, essentiellement dans le milieu des affaires, et d’une implication collective aussi bien dans le déroulement qu’autour du contenu et des objectifs de ce projet», a déclaré Omar El Béhi, ministre du Commerce, qui n’a pas manqué de rappeler que les travaux techniques sont toujours en cours, notamment pour fixer les cadres réglementaires et légaux de la Zleca (coopération réglementaire sur les règles d’origine, listes d’engagements spécifiques, etc).
Pour mieux saisir son potentiel, la Tunisie devra procéder rapidement à la ratification de l’accord et à la mise en conformité de la réglementation nationale avec les exigences de la Zleca.

La Tunisie, acteur-clé
Entrée en vigueur le 30 mai 2019, la Zleca constitue la plus grande zone de libre-échange au monde, de par le nombre de pays, avec un PIB combiné de plus de 2.500 milliards de dollars américains et une population de 1,2 milliard d’habitants qui, d’ici 2050, devrait doubler et regrouper 26% de la population mondiale.
Actuellement, les échanges entre les États africains ne représentent qu’environ 16% du commerce extérieur total du continent.
Il est prévu que «la Zleca augmente le commerce intra-africain de plus de 50%, le PIB du continent de plus de 40 milliards de dollars et les exportations de plus de 55 milliards de dollars», indique Omar Abdourahman, économiste au bureau de la CEA en Afrique du Nord.
Les communautés économiques régionales constituent des composantes importantes de la Zleca. Actuellement, huit communautés économiques régionales (CER) sont reconnues par l’Union Africaine et sont ainsi considérées comme les principaux piliers d’intégration à l’échelle du continent. La Tunisie fait déjà partie de l’UMA et du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa). Elle a également le statut d’observateur auprès de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), ce qui confirme son ancrage dans l’espace africain et positionne le pays comme un acteur clé dans la mise en œuvre de la Zleca.

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