Transfert de la dépouille de l’hôpital militaire au Palais de Carthage : Les Tunisiens pleurent leur Président

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Sous le regard, les adieux et les larmes  des Tunisiens, la dépouille du président de la République Mohamed Béji Caïd Essebsi a été transférée, hier, de l’Hôpital militaire de Tunis au palais de Carthage. Tout le long du trajet, sécurisé par l’Armée nationale, l’émotion était très vive et les citoyens étaient nombreux à se rassembler pour rendre hommage au chef de l’Etat, en entonnant l’hymne national

Encadrée par une unité de la cavalerie présidentielle et entourée d’un détachement  de motards, la dépouille du regretté président de la République Béji Caïd Essebsi a quitté hier, vers 11h00, l’Hôpital militaire de Tunis, où il est décédé jeudi dernier, pour arriver vers les coups de midi au Palais de Carthage, où le chef du gouvernement Youssef Chahed et le président intérimaire étaient à son accueil. Toute la famille Caïd Essebsi, notamment ses descendants et son épouse, était également présente pour accueillir la dépouille du Président.

Le ministre de la Défense Abdelkrim Zbidi a accompagné l’unité de la cavalerie de l’armée qui a transporté la dépouille du président de la République au palais présidentiel. Tout le long du chemin, des citoyens en larmes, sont venus saluer leur Président, et c’est avec émotion, spontanéité  mais aussi un sentiment de chagrin et de tristesse qu’ils se sont regroupés devant l’Hôpital militaire de Tunis, devant le siège de la direction générale de la Garde nationale à l’Aouina et à proximité du Palais présidentiel, pour entonner l’hymne national en signe de respect pour le président décédé. En effet, c’est notamment à Carthage que des citoyens se sont rassemblés sur l’avenue principale menant vers le Palais présidentiel, pour saluer la dépouille du chef de l’Etat, qui a passé sa dernière journée au Palais.  Des mots souhaitant la paix à l’âme du Président et retraçant son excellente carrière en tant qu’homme d’Etat ont été entendus.

Les services du ministère de l’Intérieur, de la Garde nationale et de l’Armée nationale ont pris des mesures exceptionnelles et ont mobilisé tous les moyens logistiques et humains pour assurer le transport de la dépouille en renforçant les dispositifs sécuritaires aux points de passage du cortège de l’unité militaire, mais, notons-le, la circulation était normale et les journalistes ont été autorisés à se placer à proximité de l’édifice présidentiel.

Des obsèques historiques

Béji Caïd Essebsi est décédé jeudi dernier à l’Hôpital militaire de Tunis à la suite d’un grave malaise ayant conduit à son hospitalisation à trois reprises. Des obsèques nationales grandioses auront lieu aujourd’hui et seront assurées par l’Armée nationale en présence de chefs d’Etat et de délégations étrangères. Toutes les institutions de l’Etat seront mobilisées pour assurer le bon déroulement des obsèques qui marqueront l’histoire moderne de la Tunisie, au vu de l’importance de l’évènement. Le président de la République sera inhumé, rappelons-le, au cimetière du Jellaz à Tunis.

Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, avait déclaré que des funérailles nationales imposantes seront organisées à la mémoire du défunt président. Il est à noter qu’un  dispositif complet réservé à l’accueil des invités de la Tunisie, notamment les rois, émirs et chefs d’Etat et de gouvernement ainsi que les représentants des différentes organisations internationales et régionales, a été mis en place.

La télévision tunisienne a annoncé qu’elle assurera la retransmission en direct des funérailles nationales du président Mohamed Béji Caïd Essebsi, et ce dans leurs différentes étapes, depuis le palais de Carthage jusqu’à sa dernière demeure.

Le décès du président de la République Béji Caïd Essebsi, à l’âge de 92, a uni tous les Tunisiens dont notamment les partis et formations politiques qui ont mis à l’écart leurs divergences, en optant  pour l’unité nationale et l’attachement à la Constitution en vue de dépasser cette période critique.

Le président du Parlement, Mohamed Ennaceur, a prêté serment le même jour, jeudi dernier, pour lui succéder pour une période ne dépassant pas les 90 jours en attendant d’organiser l’élection présidentielle anticipée le 15 septembre prochain, selon l’Instance supérieure indépendante pour les élections.

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