L’invité du Lundi | Abdessalem Layouni, porte-drapeau tunisien aux JO de Tokyo : «Les promesses n’engagent que ceux qui y croient»

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• «Je suis perturbé et tantôt découragé»
• «Je m’entraîne en ligne !»
• Suivre l’exemple de Hichem El Guerrouj.

Abdessalem Layouni est le seul athlète tunisien (800 m) ayant réalisé les minimas de participation aux Jeux olympiques de Tokyo. Toutefois, il ne semble pas satisfait de la préparation pour cette joute olympique tout en demeurant optimiste pour réaliser un résultat honorable. Ecoutons-le.

Où en êtes-vous ?

Après un stage d’oxygénation à Aïn Draham, je suis revenu à Tunis dans l’espoir de me rendre au Maroc en compagnie de mes coéquipiers, Riadh Chinini et Maroua Bouzayani, pour effectuer un stage de longue durée dans la ville d’Ifrane, qui se trouve en altitude. Néanmoins, j’ai été contraint de changer de cap vers la France pour régulariser une situation administrative. Je suis signataire au club français de l’ASSaint-Julien et j’accompagnerais, cependant, mes coéquipiers durant le deuxième stage prévu au programme.

Vous vous entraînez seul ?

C’est vrai. Normalement, en tant qu’athlète qualifié aux Jeux olympiques, je dois bénéficier de toutes les garanties de réussite. A commencer par disposer d’un staff complet composé d’un entraîneur, d’un préparateur physique, d’un préparateur mental, d’un kinésithérapeute et d’un athlète qui m’aidera au cours de la séance d’entraînement en tant que «lièvre». Or, en cette période importante de préparation, je m’entraîne en ligne sous la férule de mon coach, le Marocain Abdelkader Kada qui n’a pas encore débarqué en Tunisie !

Etes-vous découragé ?

Je suis plutôt perturbé et parfois déconcentré. Après avoir offert au pays son premier titre africain dans une course d’habitude dominée par les Africains, à savoir celle des 800 m, on m’avait promis tout juste après les Jeux africains au Maroc en août 2019 le titre d’animateur sportif, surtout que j’ai un niveau Bac. Et puis, rien n’a été fait. Ce qui m’a touché moralement. Vous savez, les promesses n’engagent que ceux qui y croient ! Cependant, mes chronos actuels me permettent de m’illustrer aux Olympiades.

Vos chances à Tokyo ?

Je suis ambitieux et confiant. Malgré l’absence de motivation et d’encouragement, je suis en mesure de briller à Tokyo. Une place en finale de la course des 800 m sera une grande performance. Ce qui me donnera des ailes dans les échéances internationales suivantes et notamment les Jeux olympiques de Paris 2024.

Comment pouvez-vous réaliser votre souhait à Tokyo ?

J’espère prendre part, à partir du mois de janvier 2021, à quelques compétitions en salle. Et puis, il faut que je participe à une dizaine de compétitions d’envergure en plein air avant les Jeux de Tokyo.

Pour les JO de Paris, l’âge constituera-t-il un handicap ?

Aux Olympiades de Paris, j’aurais 29 ans. Je serais plus expérimenté, plus mûr et capable de monter sur le podium. Le Marocain Hichem El Guerrouj avait décroché le titre olympique à l’âge de 29 ans. C’est un bel exemple de réussite. La préparation d’un champion olympique dure 4 ans. Il doit aussi être rassuré sur sa reconversion par la suite…

Quelles comparaisons entre clubs français et tunisiens ?

Cela se limite à comparer l’incomparable ! Chez nous, seuls les clubs de la Garde Nationale et de l’ASM Tunis possèdent les moyens pour engager des sections d’athlétisme. La majorité des autres clubs ne sont pas en mesure de former des champions. La graine existe pourtant !

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