En attendant la conclusion d’un accord définitif avec le FMI : Quels sont les engagements de la Tunisie ?

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A quoi s’est engagée réellement la Tunisie pour pouvoir parvenir à un accord final avec cette institution et débloquer cette somme indispensable pour trouver les équilibres financiers ? La ministre des Finances, Sihem Nemsia, assure que la délégation tunisienne a présenté un programme de réformes tuniso-tunisiennes pour relancer la croissance, notant que l’importance de l’accord consiste en l’ouverture des portes pour parvenir à de nouvelles sources de financement étrangères, qui consolideraient les équilibres des finances publiques.

La Tunisie est parvenue enfin à trouver un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) pour une nouvelle ligne de crédit visant à accompagner les réformes économiques et sociales nécessaires.

Si les négociations étaient entravées et ont duré une quinzaine de mois, les deux parties ont finalement trouvé un terrain d’entente pour financer ces réformes, mais pour cette institution financière, ce n’est qu’un accord préliminaire conditionné par un ensemble d’engagements.

L’institution financière a indiqué que ses services et les autorités tunisiennes sont parvenus à un accord pour «appuyer les politiques économiques de la Tunisie par un accord au titre du mécanisme élargi de crédit (Medc) d’une durée de 48 mois et pour un montant d’environ 1,9 milliard de dollars».

«Le nouveau programme, élaboré par les autorités tunisiennes et appuyé par le FMI, vise à rétablir la stabilité macroéconomique, à renforcer les filets de protection sociale et l’équité fiscale, et à accélérer les réformes favorisant un environnement propice à une croissance inclusive et la création d’emplois durables», ajoute la même source.

Le FMI appelle la communauté internationale «à apporter une contribution majeure à la réussite de ce programme de réforme, en débloquant rapidement des financements supplémentaires».

Si la Tunisie a sollicité un crédit s’élevant à quatre milliards de dollars, selon certaines sources, le FMI a fini par donner son accord seulement à la somme de 1,9 milliard de dollars, sous condition d’opérer les différentes réformes envisagées et concrétiser les promesses formulées par le gouvernement tunisien.

Mais à quoi s’est engagée réellement la Tunisie pour pouvoir parvenir à un accord final avec cette institution et débloquer cette somme indispensable pour trouver les équilibres financiers ? La ministre des Finances, Sihem Nemsia, a annoncé dans ce sens que la délégation tunisienne était parvenue à un accord avec les experts du FMI pour un nouveau financement pour la Tunisie, soulignant que cet accord constitue un pas positif qui permettrait à la Tunisie de rétablir une certaine stabilité sur le plan économique et financier et lui ouvrirait les portes pour obtenir de nouveaux financements de la part d’autres bailleurs de fonds internationaux, dont les négociations sont restées tributaires de la conclusion de l’accord avec le FMI.

La ministre des Finances a assuré que la délégation tunisienne a présenté un programme de réformes tuniso-tunisiennes pour relancer la croissance, notant que l’importance de l’accord consiste en l’ouverture des portes pour parvenir à de nouvelles sources de financement étrangères, qui consolideraient les équilibres des finances publiques.

Pour sa part, l’expert en économie et ex-ministre, Taoufik Rajhi, a estimé qu’il «ne faut pas se laisser emporter par l’accord conclu avec les experts du FMI». «Ni l’accord, ni la somme accordée ne sont une fin en soi. Nous avons déjà reçu des sommes plus importantes, mais elles n’ont servi à rien, malheureusement».

L’ancien ministre a jugé nécessaire «d’appliquer et de suivre à la lettre les consignes et la mise en œuvre des réformes convenues».

Accélérer les grandes réformes structurelles

En tout cas, pour concrétiser cet accord préliminaire, notre pays s’engage à mettre en place les réformes présentées. Il s’agit, en premier lieu, de décisions sur l’amélioration de l’efficacité et l’optimisation fiscales. A cet égard, le gouvernement est appelé à élargir l’assiette fiscale pour garantir des sources d’alimentation du budget. Le gouvernement s’est également engagé à contenir les dépenses publiques et à créer un espace fiscal au bénéfice du soutien social. Cela permettra de renforcer le filet de sécurité sociale afin de compenser les ménages contre l’impact de la hausse des prix.

On indique également que parmi les promesses du gouvernement tunisien figure notamment une profonde restructuration des entreprises publiques en nette difficulté. En effet, les entreprises et institutions publiques s’enfoncent toujours dans une situation économique et financière précaire. 

Alors que le FMI urge une réforme profonde de ces entreprises et n’écarte pas leur privatisation, le gouvernement semble vouloir satisfaire toutes les parties concernées. D’ailleurs, dans un document adressé au FMI, le gouvernement Bouden a établi une liste des entreprises qui connaîtront des réformes profondes dans une tentative de les restructurer pour maîtriser leur masse salariale.

Cela implique également la mise en place d’un nouveau système pour la nomination des directeurs et PDG de ces établissements et évaluer leur rendement. On envisage d’ailleurs de mettre en place une commission ministérielle pour la nomination de ces haut-placés conformément à des conditions et des objectifs préétablis.

De même, le gouvernement s’est engagé à accélérer les grandes réformes structurelles de l’économie nationale, outre le renforcement de la bonne gouvernance et de la transparence dans le secteur public.  

Il n’en demeure pas moins que la conclusion de l’accord définitif est prévue pour le mois de décembre prochain. Dans ce sens, il semble que le déroulement des prochaines élections s’annonce crucial. D’ailleurs, l’analyste financier Bassem Ennaifer a affirmé que le FMI attend, en effet, les résultats de ces élections pour débloquer les fonds alloués.

«Le report de la signature d’un accord définitif entre les deux parties porte une empreinte politique. Ils veulent s’assurer de la réussite de ce processus avant de conclure cet accord», a-t-il dit. 

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