L’entreprise autrement: Nettement plus flou(*)

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La nouvelle année qui pointe amènera-t-elle dans son sac une solution radicale et efficace à tous les maux qui rongent notre pays et qui l’ont fait régresser des années, j’allais dire lumière, le plongeant, ainsi dans l’obscurité de la décadence ?

Espérons-le. Nous ne pouvons d’ailleurs que nous accrocher aux lueurs de l’espoir. Sans lui, nous risquons de tout perdre, de nous perdre, de nous perdre nous-mêmes. L’espoir actif qui pousse à agir non qui ne fait que supporter l’attente de la survenue d’un miracle. Année de toutes les pénuries, tous les déficits ou presque, 2022 aura été une année très difficile à tous les niveaux et dans tous les domaines. Même le ciel n’a pas daigné nous ouvrir sa manne. Qui, chacun le sait, est nettement plus importante que celle du FMI, qui elle aussi tarde à vouloir s’ouvrir. 60% de précipitations en moins, par rapport à l’automne de l’année dernière. Du jamais vu ou presque. Et une année agricole compromise.

Même les dernières « élections législatives anticipées», celles du 17 décembre courant, ont connu une nette pénurie d’électeurs (près de 90% d’abstention). Graves pénuries, surtout  de médicaments, de lait et d’huile subventionnée. Pénuries ponctuelles d’autres denrées et même de carburant.

Et l’Etat a montré une inquiétante impuissance à honorer ses engagements internes. Oui, l’Etat est devenu un dangereux client insolvable. Toutes ses factures traînent et font souffrir des secteurs entiers. Le problème est d’autant plus épineux que cette situation traîne en longueur, provoquant ainsi plusieurs blocages et l’accumulation du déficit public.

Hôpitaux qui ne paient pas la Pharmacie centrale, administrations qui ne payent ni l’eau ni l’électricité consommées, boulangers non remboursés, industries laitières aussi (subventions), cliniques d’hémodialyse et pleins d’autres devoirs financiers non accomplis, dont les engagements à l’égard de ses fonctionnaires, à la lumière d’accords signés, par les gouvernements successifs, avec les syndicats. D’un autre côté, il croise les bras devant l’éternel déficit de production des phosphates entravée par des « mouvements sociaux et de contestation ». Situation révoltante qui a fait que la production de cette précieuse ressource a régressé de 40% par rapport aux objectifs définis. Déficits financiers, mais aussi un révoltant déficit de communication du côté du pouvoir de fait, déficit d’idées et d’arguments, de programmes, de solutions et aussi d’image. Cette dernière est devenue tellement terne qu’elle brille depuis un bon moment par son absence. L’Etat croise aussi les bras face à tous les dossiers brûlants, mettant ainsi en péril plusieurs secteurs de production, l’agriculture en premier lieu. Cela sans parler de l’hémorragie de nos ressources humaines, surtout de nos compétences et la flagrante impuissance à collecter l’argent qui lui est dû provenant  de diverses taxes et redevances.

Pénuries, déficits et aussi ce flou intégral, politique, économique et social qui devient chaque jour encore plus flou. Second tour des «élections» ? Nouvelle Assemblée ? Nouvelle seconde Chambre ? Réformes dont le visage reste voilé, mais qui semblent venir approfondir encore plus les souffrances de la plupart des citoyens. Et aussi cet errement de tout un peuple qui ne se reconnaît plus et qui est happé par les rouages impitoyables des événements tristes et qui est broyé par la lourde meule du quotidien et d’une administration asphyxiante et corrompue.

Un peuple qui devient de plus en plus pauvre et à vue d’œil, qui devient plus inculte, plus violent et, donc, nettement moins patrotique, ce qui est très grave. Encore une pénurie,  le sentiment d’appartenance et l’engagement patriotique. Un peuple dont les jeunes se noient pour gagner les rives du Nord, ces enfants se pendent car n’ayant aucun espoir et ses élites qui baissent les bras laissant ainsi la voie libre à tous les opportunistes, les arrivistes et les aventuriers de tout acabit.

La solution ? Une seule et une seulement. Celle que l’ensemble des forces vives du pays réclament, (celle aussi  que nous avons maintes fois proposée dans ces mêmes colonnes et avec moult détails de principe et pratiques) et qui ne trouve aucun écho du côté de Carthage. Un dialogue national institutionnalisé qui prend les rênes du pays dans le cadre d’un Congrès national qui sera chargé d’opérer une véritable transition démocratique, de réaliser une vraie justice transitionnelle et surtout une révolution économique et sociale à la lumière d’un nouveau modèle de développement, équitable, durable et inclusif.

(*) III et fin

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