Femme et changement climatique : La femme rurale, première victime

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Vivant dans la précarité, les femmes rurales sont de plus en plus préoccupées par les effets du changement climatique par rapport aux citadines, car elles représentent 70% de la main-d’œuvre agricole, mais seulement 15% de celle permanente et 8 % de la population active.

Les femmes, comme le répètent souvent les experts sur la question environnementale, sont les premières concernées par le changement climatique (CC). Elles en sont aussi victimes. Ces derniers temps, les femmes agricoles voient leur autonomie économique touchée de plein fouet par le phénomène. Il y a péril en la demeure en cas d’inaction, car «il vaut mieux prévenir que guérir». Dans ce contexte, Mmes Amal Belhaj Moussa et Leïla Chikhaoui, respectivement ministre de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées, et ministre de l’Environnement, ont procédé en début de semaine au lancement officiel du Plan national pour les femmes et le changement climatique, en coopération avec le Pnud, programme des Nations unies pour le développement. Mme Moussa a confirmé que le Comité national pour le genre et le changement climatique s’est récemment concentré sur la garantie de la bonne gouvernance dans la mise en œuvre et l’exécution de ce plan national. Ce plan vise plus de performances et à rétablir et assurer l’autonomisation économique des femmes prioritaires. Afin, notamment, de restaurer la confiance et le soutien à l’investissement dans le climat, en plus de la protection des groupes vulnérables et l’intégration de la question du genre et les Objectifs de développement durable (ODD) et du CC dans les orientations du plan de développement 2023 -2025.

L’entrepreneuriat féminin en priorité

Et la ministre d’indiquer que son département travaille sur ce plan de façon analogue à celui du Plan national sur l’enfant tunisien et le CC. Du reste, les femmes dans les zones rurales sont de plus en plus préoccupées par les effets du CC par rapport aux citadines, car elles représentent plus de la moitié de la population et 70% de la main-d’œuvre dans le secteur agricole, mais elles ne comptent que 15% de celle permanente et 8 % de la population active. D’ailleurs, une série de programmes sur l’autonomisation des femmes a déjà été lancée pour être réalisés au cours du plan de développement 2023-2025. Il s’agit, entre autres, du programme national pour l’entrepreneuriat féminin et l’investissement «Ra’idat» et la multiplication des groupements féminins, à même de majorer les fonds alloués aux programmes d’autonomisation économique des mères d’élèves menacés de décrochage scolaire et de soutien économique aux familles prioritaires. De son côté, la ministre de l’Environnement, Leïla Chikhaoui, a déclaré que les femmes et les hommes font face au CC différemment, et que l’inégalité entre les deux sexes affaiblit la capacité d’adaptation des femmes, car elles font partie des groupes les plus vulnérables et les plus pauvres. Et bien qu’elles soient beaucoup plus productives, elles ont moins d’accès aux ressources, telles que la terre, les prêts bancaires, la formation professionnelle ou la technologie. Femmes agricoles, elles sont bel et bien le maillon faible.

Soutien continu du Pnud

Sur cette lancée, la représentante du Pnud, Mme Céline Moyroud, a exprimé son soutien continu aux efforts de lutte contre les aléas climatiques, basés essentiellement sur une approche genre et la mise en œuvre des axes du plan national femmes et changement climatique pour atteindre les objectifs souhaités et tangibles. Ceux-ci auraient, certes, des répercussions tant sur les femmes que sur les hommes.

A rappeler, somme toute, que ce plan est le fruit d’un partenariat interministériel qui a duré plus d’un an, dont l’exécution sera axée sur l’autonomisation économique des femmes et le renforcement de leur rôle, notamment en milieu rural. Il est fondé sur la résistance aux impacts du changement climatique, tout en modifiant le comportement général des personnes et leur dépendance.

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