L’entreprise autrement | A quand ce sursaut salvateur ? (II)

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Nous parlions, nous Tunisiens,  il y a des années, de proactivité et nous voilà aujourd’hui en train d’insister sur la nécessité d’agir avant qu’il ne soit trop tard. Au fond, c’est presque trop tard, à moins que le sursaut salvateur finisse par se réaliser.

Oui, nous sommes, aujourd’hui plus que jamais, acculés à notre dure et triste réalité, la sortie du tunnel ou la grande débâcle. Une crise financière aiguë, devenue très grave, une économie au bout du rouleau, absence d’un modèle de développement , absence de perspectives optimistes, absence de vraies politiques publiques, compétence et compétitivité générales du pays en chute libre, et la liste est longue. Un tableau qui ressemble, côté couleur, à  celui d’une école des temps révolus.

Pire, nous vivons aujourd’hui dans un état de dépendance quasi-totale de l’étranger, à tel point que nos voisins nous sont venus à la rescousse pour essayer d’alléger, un tant soit peu, la pénurie de certains produits de première nécessité ou qui le sont devenus par la force des choses.

Une dépendance qui s’est aggravée à tous les niveaux, y compris celui de la liquidité et non pour certains secteurs seulement, comme celui de l’énergie, de l’alimentation,  des médicaments ou des connaissances et l’innovation, qui, depuis des décennies, sont devenus, hélas  endémiques.

Pour ces derniers, nous avons touché le fond, puisque nous y accusons de graves déficits et des sous-secteurs comme celui du lait, des viandes, des céréales, des tomates destinées à la conservation, et autres sont depuis quelques années secoués par une crise qui risque de les anéantir.      

Mais le plus dangereux dans tout cela est que notre peuple est aujourd’hui plus que jamais menacé de dégradation puisque les potentiels, biologique, culturel et intellectuel de notre peuple, dont le niveau était acceptable, sont, aujourd’hui  gravement menacés.

Nous sommes, en effet confrontés à ce grave danger, tenant compte du vieillissement de la population, de la prolifération des maladies et des fléaux sociaux, de la chute libre de notre compétence générale, de l’hémorragie de nos ressources humaines, en interne (chômage endémique) et à l’externe (fuite des compétences, cerveaux, muscles et mains intelligentes)

Qu’attendons-nous pour réagir ? Réponse, de redevenir nous. Oui, il y a fort longtemps que nous ne sommes plus nous.

ll n’y a, hélas, aucune perspective sérieuse, du moins en ce moment, d’un dénouement heureux  de la crise qui secoue le pays depuis de longs mois, en l’absence d’un vrai dialogue national qui réunirait les représentants de toutes les structures nationales, dont celles qui représentent les meilleures compétences du pays.     

Comment alors espérer assurer la stabilité politique et sociale, une bonne  visibilité, un climat propice aux grandes réformes, la poursuite de la lutte contre la corruption, l’attraction des investissements directs locaux et surtout étrangers, etc., alors que  tout reste flou même concernant la feuille de route politique.

Toutes  ces situations critiques doivent prendre fin. Les voix sages doivent s’élever afin d’éviter le pire. Nous devons tous nous mettre d’accord pour mettre fin aux énergies négatives et destructrices qui semblent, hélas, aujourd’hui prendre le dessus et  d’arrêter définitivement le processus de décomposition de notre société, de déliquescence de l’Etat.

La sagesse doit donc prendre le dessus en ce moment,  et ce, comme nous l’avons répété  plusieurs fois  ici-même. Il y va de l’intérêt supérieur de la nation. Un accord gagnant-gagnant doit donc être conclu, le plus tôt possible, entre les forces vives de la nation, et ce, dans le but de sauver le pays puis de le reconstruire et le développer.

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