Commentaire: La Tunisie n’est ni sous tutelle ni sous protectorat !

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Il y a un décalage entre la réalité et l’image qu’on veut donner de notre pays. L’écart est énorme. C’est à se demander si l’on parle réellement de la même Tunisie. Surtout lorsque les jugements sont travaillés à la va-vite et que les appréciations basculent dans des considérations erronées.

On a toujours aspiré à un ordre mondial qui ne soit pas inspiré d’incompréhension, voire de mauvaise foi. Mais les fausses interprétations continueront toujours à nourrir les polémiques. Ce serait d’ailleurs une illusion de s’attendre à une prise de conscience de la part de ceux qui prétendent gouverner le monde, bien sûr à leur façon, mais surtout à travers les fausses évidences et les dépassements des prérogatives.

Il faut dire qu’on n’est jamais suffisamment réaliste lorsqu’il s’agit de donner son avis sur un régime politique, et tout particulièrement sur les règles qui régissent un pays, une nation. Mais il serait toujours bon de rappeler qu’on ne s’implique pas dans les affaires des autres quand n’est pas suffisamment apte pour le faire.

Malheureusement, il devient ainsi facile de spéculer sur les notions du droit international, sur le principe et le concept des relations internationales, ainsi que sur l’exemplarité des parties prenantes. L’image peu reluisante donnée ici et là est imputable à ceux qui se voient plus grands que les autres et n’hésitent pas à considérer les autres pays sous leur tutelle.

La discordance est énorme !

Les Tunisiens déclinent de toute évidence les déclarations du Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, le 20 mars 2023, jour de la fête nationale de la Tunisie, et qui a coïncidé, de surcroît, avec la fête de la Francophonie, dont la Tunisie est non seulement cofondatrice, mais aussi présidente en exercice. Autant d’aléas et de dépassements qui nous amènent à nous interroger sur les raisons de cette campagne qui cible de plus en plus la Tunisie, mais qui ne nous empêcheront pas de pointer les intentions et les motivations qui font courir certaines parties.

«L’Union européenne s’inquiète de la détérioration de la situation politique et économique en Tunisie. La situation est très dangereuse. Si la Tunisie s’effondre, cela risque de provoquer des flux migratoires vers l’UE et entraîner une instabilité dans la région Mena», c’est ainsi que le Haut représentant de l’Union européenne s’ingère dans les affaires internes de la Tunisie. C’est ainsi qu’il qualifie notre pays, à propos duquel il n’a pas visiblement une idée claire, ni les informations nécessaires pour porter un jugement objectif sur tout ce qui se passe actuellement.

Malheureusement, s’en remettre aujourd’hui au bon sens ou à la vision de certaines parties n’est plus un signe de crédibilité absolue. Et encore moins un motif de certitude. Notamment par rapport aux droits et aux traités internationaux de plus en plus difficilement identifiables.

L’on ne trouve pas vraiment de justification, et même pas de considérations, légales, aux jugements déplacés qui ont envahi les relations internationales  à la faveur de la multiplication des intérêts connus et de tout ce qui en fait la raison d’être… Le champ d’action prend au fil du temps une mauvaise tournure, surtout lorsque les dérapages désavouent les valeurs et les principes de la souveraineté.

On a l’impression aujourd’hui que les relations internationales n’ont plus la même crédibilité. Elles ne sont plus à l’abri des dérives. Faut-il rappeler à ce sujet que lorsque les dépassements se succèdent, c’est la fiabilité des organisations, censées pourtant être irréprochables, qui prennent un coup.

Au fait, il y a vraiment un décalage entre la réalité  et l’image qu’on veut donner de notre pays. La discordance est énorme. C’est à se demander si l’on parle réellement de la même Tunisie. Surtout lorsque les jugements sont travaillés à la va-vite et que les appréciations basculent dans des considérations erronées.

Non, la Tunisie n’est ni sous tutelle ni placée sous protectorat

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