À la Galerie Musk and Amber: Aziza rêve…

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Aziza Guermazi rêve. Elle rêve d’une terre idéale, d’une société heureuse, d’une famille harmonieuse, de fêtes sereines et joyeuses, d’une nature préservée. Et personne ne sait mieux comprendre les rêves et les mettre en scène que Lamia Ben Ayed dans la galerie Musk et Amber.

Chaque exposition nous offre un décor, une atmosphère, une scénographie nouvelle, quand bien même il faut déplacer les murs, peindre les parois en polychrome, créer des dunes de sable, et même, une fois, faire entrer un petit avion.

Aussi, les rêves d’Aziza, rêves colorés, explosés en feux d’artifice oniriques, habités, animés, multiformes et foisonnant d’histoires qui se chevauchent, se recoupent, ou divergent quelquefois, se déploient-ils avec bonheur dans cet espace qui a su les accueillir.

«I have a dream», nous annonce l’artiste.    

Son rêve n’est ni naïf ni mièvre. Il n’emprunte rien à Rousseau. Il ne fait pas référence à un éden perdu, mais à celui que l’on pourrait créer. Il est dynamique, tonique, combatif, et ses personnages, en ordre de bataille, semblent prêts à abattre toutes les frontières.

Mehdi Tmassek qui est, lui aussi un rêveur, dit d’elle : «Elle rêve, lucide et effrontée… Elle peint et énonce à la fois, elle dépeint et dénonce des réalités d’heurs et de malheurs qui touchent aussi bien aux corps qu’aux cœurs… L’art d’Aziza se veut porteur d’une parole libre et engagée qui a valeur de manifeste». Mais c’est un manifeste joyeux, tonitruant, dont les porteurs, de curieux petits personnages—mi-amibes, mi-méduses—caracolent sur les cimaises en une ronde effrénée, obsessionnelle, un brin répétitif peut-être.

Alors entrons dans le monde d’Aziza Guermazi et partageons son rêve !

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