Assemblée des représentants du peuple: Première épreuve ?

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Le démarrage des travaux du Parlement après l’adoption du règlement intérieur a coïncidé avec une nouvelle polémique au sujet des députés indépendants. Ces derniers se sont retirés de la plénière en signe de protestation contre ce qu’ils ont appelé une violation du règlement intérieur adopté récemment.

En ouvrant cette nouvelle législature, les différents députés se sont engagés à œuvrer pour le bien de leurs électeurs et ce, en privilégiant l’adoption de nouvelles lois notamment à caractère économique.

Mais le démarrage des travaux du Parlement après l’adoption du règlement intérieur a coïncidé avec une nouvelle polémique au sujet des députés indépendants. Ces derniers se sont retirés de la plénière organisée mardi dernier en signe de protestation contre ce qu’ils ont appelé une violation du règlement intérieur adopté récemment.

Ils accusent dans ce sens le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Brahim Bouderbala, d’avoir entravé les travaux du Parlement et d’avoir enfreint le règlement interne puisque, selon leur version, le président de l’ARP n’a pas annoncé la démarche à suivre pour les députés indépendants afin que ceux-ci puissent désigner leurs représentants au sein des structures de l’Assemblée.

Ils accusent même Bouderbala de violer la Constitution puisqu’il est responsable, selon leurs dires, « de l’entrave des travaux du Parlement ».

« Le président du Parlement aurait dû, depuis la semaine dernière, annoncer, en plus de la composition des blocs parlementaires, la démarche à suivre pour les députés indépendants, pour que ces derniers soient représentés dans les différentes commissions parlementaires », ont-ils regretté lors d’un point de presse.

Le député Hichem Hosni a indiqué même que « Brahim Bouderbala organisait des réunions secrètes avec des partis politiques et des blocs parlementaires ». De son côté, la députée Manel Bdida a accusé Bouderbala « de violer le règlement intérieur du Parlement ».

Tous ces députés indépendants au sein de l’Assemblée des représentants du peuple ont qualifié les actions du président du Parlement « d’atteinte grave à la Constitution et au règlement intérieur ».

Ils l’ont appelé, dans ce sens, « à respecter la loi et à se conformer aux dispositions du règlement intérieur », exprimant leur refus de la proposition visant à fixer les modalités de calcul des quotas respectifs à chaque groupe parlementaire et aux députés n’appartenant pas aux blocs au sein des structures du Parlement.

Une autre version

Sauf qu’au cœur de la polémique, une autre version des faits a surgi. Le député, membre du bureau de l’Assemblée des représentants du peuple et adhérant au parti La Voix de la République, Ezzeddine Teyeb, a assuré « qu’il s’agissait d’une querelle dépourvue de sens. Elle renvoie une mauvaise image du Parlement ». Il a assuré que « le président de l’ARP agissait en toute transparence », niant toute violation de la Constitution ou du règlement intérieur de l’ARP.

En tout cas, les membres de l’Assemblée des représentants du peuple ont adopté, mardi, à la majorité absolue, une proposition visant à fixer les modalités de calcul des quotas respectifs à chaque groupe parlementaire et aux députés n’appartenant pas aux blocs au sein des structures du Parlement. La proposition a été validée et approuvée suite à un vote favorable de 100 voix contre une seule objection et aucune abstention.

Le président de l’ARP a dévoilé mercredi, lors de la séance plénière, les quotas de chaque bloc parlementaire et les représentants des blocs parlementaires des différentes commissions parlementaires.

A l’ARP, chaque groupe parlementaire sera représenté par deux députés au sein de la commission de législation générale ainsi que celle des finances et du budget, a annoncé Bouderbala, ajoutant que les élus hors groupe auront trois représentants au sein de ces deux commissions.

Jeudi, l’Assemblée des représentants du peuple a annoncé, en plénière, la répartition des responsabilités au sein son bureau. Le bureau du Parlement se compose, pour l’instant, de huit assesseurs dans l’attente du parachèvement de la composition de l’assemblée une fois que les députés hors groupe présentent leurs candidats au bureau de l’ARP et dans les différentes commissions.

Le bureau de l’ARP est composé du président du Parlement, de deux vice-présidents et de 10 assesseurs.

Une lourde responsabilité !

« Ce genre de couacs ne profite en rien à l’image de l’Assemblée des représentants du peuple », s’accordent à dire les observateurs de la scène nationale. On rappelle que cette assemblée aura la lourde responsabilité de faire oublier aux Tunisiens l’image de celle qui l’a précédée. Composante essentielle du pouvoir politique, le Parlement a repris du service au cœur d’une crise inédite qui frappe le pays.

En effet, entre tension politique, crise économique et difficultés financières, le nouveau Parlement entame ses missions sous les regards des Tunisiens.

Un commentaire

  1. Karoui ali

    21/05/2023 à 09:48

    A propos de l’article des indépendants et de leur mécontentement, logiquement c’est un choix qu’ils ont choisi chaque represantant n’engage que sa propre personne puisqu’il n’y a aucune affinité qui les réuni….

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