Le CA à la croisée des chemins : Dépassionner les débats et choisir…

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Des hommes de valeur se sont retirés en silence, sans remous, pour éviter d’approfondir les désaccords. D’autres se sont installés sur les cimes pour dénigrer, diffamer et médire. Comment parler de résultats et de performances, alors que l’unité qui fait la force s’effrite ?

Le Club Africain est un club exceptionnel. Pour ceux qui ont eu l’honneur de le servir, on y apprend chaque jour. On est surpris à chaque instant par le comportement de ses joueurs, ses dirigeants et de son public. Un public qui le porte à bout de bras. A chaque fois qu’il trébuche, c’est lui qui lui tend la main pour le redresser, au point de devenir un exemple en Tunisie et à l’étranger. «Faites comme le public clubiste» clame-t-on  à chaque fois que ces clubs plongent dans l’inconnu. Et le Club Africain de prouver qu’il est bien exceptionnel. Les crises? Elles se succèdent. On ne les compte  plus. Mais est-ce une raison pour se résigner en pensant que cela finira par s’arranger et que les «sages» résoudront ces crises et que le club reviendra sur les rails ?

Les auteurs et les raisons sont les mêmes

Nous ne le pensons pas. Ni les sages ni la sagesse ne sont plus les recours pour en faire un club sans problèmes. Ces turbulences  surgissent au moment où l’on s’y attend le moins. Les auteurs et les raisons sont les mêmes. Elles sont les conséquences de cette « foule » qui ne respecte ni les convenances ni la bienséance. Celle-ci est formée essentiellement de ceux qui s’arrogent le droit d’intervenir pour imposer leurs idées, leurs favoris, leurs choix. Le tout enrobé dans des déclarations contradictoires qui sèment le doute, la fébrilité et la méfiance. La gestion d’un club ne peut être que collective. Ce n’est pas l’avis de ceux qui tiennent à ce que tout revienne vers eux en faisant le vide autour d’eux. Des hommes de valeur se sont retirés en silence, sans remous pour éviter d’approfondir les désaccords. D’autres se sont installés sur les cimes pour dénigrer, diffamer et médire. Comment parler de résultats et de performances, alors que l’unité qui fait la force s’effrite ?

Ce club a besoin surtout de sérénité, de calme, d’assurance dans les choix fondamentaux, d’un cadre de travail et d’une organisation réellement professionnelle, où il n’y a pas de place à l’improvisation et au laisser-aller. On en n’est pas encore là et ces crises qui surgissent sont les conséquences de cette gestion traditionnelle qui fausse tout. Combien de fois a-t-on entendu que le club est au bout de ses peines et que toutes les dettes seront apurées au terme d’une enveloppe conséquente à régler ? Cela n’en finit pas, avec ces douches écossaises qui mettent à mal les nerfs et constituent des motifs de désaccord qui minent le club. Qu’est-ce qui pousse des responsables à dire autre chose que la vérité ? Comment peut-on imaginer qu’un club de cette envergure puisse vivre à crédit ? Comment conçoit-on que des joueurs tiennent en laisse leurs dirigeants et imposent leur façon de voir les choses, en raison de ce que le club leur doit ?

Comment ose t-on-demander à un joueur de s’adonner à fond, alors qu’il pense à son salaire, à ses propres engagements, à sa famille ?

Véritables propositions

Une des conditions posées par Faouzi Benzarti est bien d’apaiser les joueurs sur lesquels il veut compter en régularisant leurs situations. Le manque de professionnalisme dans la gestion du club, dans tous ses compartiments et l’absence de poigne pour imposer une ligne de conduite réellement objective empêcheront ce club légendaire de s’imposer en tant qu’exemple à suivre. Pourtant, ce ne sont pas les hommes et les femmes du cru qui manquent. Il faudrait seulement les solliciter, les respecter et les mettre dans une ambiance de travail appropriée et non s’ingénier à les écarter en imaginant des obstacles pour maintenir le statu quo. La prochaine assemblée générale devrait faire la part des choses. Elle ne devrait pas être celle des règlements de compte, mais bien celle où on émettra de véritables propositions pour arracher le club à ces démons qui le harcèlent, le bloquent et lui enlèvent toute initiative. Ce ne sera possible qu’à la condition de dépassionner les débats. Les problèmes tout le monde les connaît. Il est donc inutile d’y revenir pour éviter de remuer le couteau dans la plaie et d’exacerber les sensibilités. Le club a besoin d’assainir sa gestion et de choisir une des deux seules voies qui s’offrent à lui: vivre selon ses moyens et rentrer dans les rangs (inconcevable pour un club qui a plus d’un siècle d’existence), ou avoir de l’ambition et y mettre le coût. C’est donc une question de moyens et de gestion. Le Club Africain est un des rares clubs qui pourraient prétendre à des recettes dignes de ce nom. Encore faudrait-il qu’il en fasse bon usage. Ses crises essentiellement  administratives et financières  durent depuis des années. On n’arrive pas encore à trouver la bonne formule et… l’homme qui sifflera la fin de la récréation. C’est là le véritable débat.

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