26e Forum francophone de la santé à Genève : Le tourisme médical tunisien à la croisée des chemins entre l’Afrique et l’Europe

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Du 3 au 5 mai, s’est tenue à Paris, la première édition du Salon tunisien du tourisme médical, TTM Expo 2024, qui a mis en avant le niveau des compétences tunisiennes dans le domaine médical et paramédical. Un événement offrant une réelle opportunité pour promouvoir l’exportation des services de santé vers la France et d’autres pays européens.

La santé est une des priorités de l’Etat, comme vient de le confirmer le ministre de la Santé, Ali Mrabet, lors de l’allocution prononcée, dimanche, à Genève, dans le cadre de sa participation au 26e Forum francophone de la santé. A cet effet, il a fait valoir l’impératif de consolider la coopération trilatérale dans le domaine de la santé au sein de l’espace francophone, ce qui revient à dire un plus grand renforcement des relations Nord-Sud.

Il a, également, mis l’accent sur l’approche tunisienne consistant à mettre en avant le développement réalisé en la matière à travers les encouragements de la dimension numérique et la garantie de l’accès aux soins pour tous. Sachant que ledit Forum, organisé annuellement, traite cette année du thème «Les approches innovantes au service de la santé mondiale», et ce en marge de la 77e Assemblée mondiale de la santé qui se tient du 27 mai au 1er juin 2024.

Ainsi, les autorités multiplient, depuis quelque temps, les initiatives permettant aux Tunisiennes et Tunisiens d’accéder à des services de santé dans les différentes structures publiques et privées avec une qualité constamment améliorée.

Faire de la Tunisie la première destination médicale pour les Européens

Par ailleurs, il y a environ trois semaines, du 3 au 5 mai, s’est tenue à Paris, la première édition du Salon tunisien du tourisme médical TTM Expo 2024 qui a mis en avant le niveau des compétences tunisiennes dans le domaine médical et paramédical. Un événement offrant une réelle opportunité pour promouvoir l’exportation des services de santé vers la France et d’autres pays européens, d’où le regroupement enregistré des multiples intervenants, à savoir des professionnels tunisiens et européens issus de nombreuses disciplines de santé et, surtout, du tourisme médical dont on cite les cliniques médicales, les cliniques spécialisées dans la chirurgie, les centres de thalassothérapie, les centres de spa et de thermalisme…

La directrice de ce Salon avait fait des révélations, chiffres à l’appui, concernant le tourisme médical en Tunisie qui fournit près de la moitié des recettes touristiques, d’où l’impératif de renforcer davantage ce domaine par le biais de l’exportation des services dans le but de faire de la Tunisie la première destination du tourisme médical pour les Européens à l’horizon 2034.

Ces chiffres sont éloquents dans la mesure où on apprend que chaque année, «la Tunisie accueille, dans ce cadre, environ 1,5 million de personnes pour des soins dits mobiles, en provenance de divers pays du monde entier qui viennent au pays pour bénéficier des services de santé offerts dans les institutions publiques et privées». C’est ce qu’indique, en substance, le président du Syndicat national des services de santé, Ghazi Mejbri, lors d’une émission radio. Et d’ajouter que le secteur des services de santé représente entre 6 à 8% du produit intérieur brut, alors que le tourisme médical représente, quant à lui, 4% du PIB, soit environ un milliard d’euros, l’équivalent de plus de 3 milliards de dinars par an ! Mejbri précise encore que 500.000 étrangers ont séjourné dans des cliniques privées et ont subi des interventions chirurgicales.

Des chiffres hallucinants !

Un responsable dans une clinique privée a tenu à préciser qu’à titre d’exemple, son institution a accueilli, en une seule année, pus de 450 couples pour des interventions et des soins de procréation assistée. «Il faut dire que les bénéficiaires proviennent, en bonne partie, des pays africains et maghrébins, mais aussi occidentaux, sachant le coût d’une intervention d’insémination artificielle revient à un maximum de 3 mille dollars, alors qu’elle revient, en Europe et aux Etats-Unis d’Amérique, au bas mot, à trente mille dollars».

Concernant le marché français, il se répartit à trois domaines majeurs : la chirurgie esthétique, avec trente-six mille interventions chirurgicales par an, dont 75% (près de 27 mille étrangers dont 60 % de Français. Autrement dit, un patient sur deux est français.

On déplore, toutefois, l’absence d’accords directs avec l’État français et les institutions françaises de sécurité sociale. Ce qui pose des problèmes à un grand nombre de patients français désirant bénéficier de services de santé en Tunisie.

Il en est de même pour le traitement des maladies de gériatrie, où une stratégie intégrée fait défaut, en vue d’attirer les marchés européens et africain, du reste fort prometteur, puisque près de 70.000 personnes viennent se faire soigner, annuellement, en Tunisie.

En tout état de cause, dans une Tunisie en proie à des difficultés socioéconomiques, le tourisme médical parvient à tirer son épingle du jeu. Et même si certains observateurs estiment qu’il est en bonne santé, il n’en demeure pas moins qu’il peut mieux faire. 

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