Mégaprojets en Tunisie | Cité médicale à Kairouan : Surmonter les obstacles administratifs

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La Cité médicale de Kairouan se heurte encore à de nombreux obstacles et n’a pas encore été lancée. Et ce, malgré l’engagement pris par le Président de la République en février 2020 de créer une cité médicale dans ce gouvernorat du centre-sud du pays. Ce qui suscite des interrogations sur la capacité de mener à bien de tels projets dans un pays en proie à de grandes difficultés financières.

Lors d’un conseil ministériel supervisé par le chef du gouvernement, il a été décidé de « créer une société anonyme à participation publique dénommée Société de la Cité Médicale des Aghlabides, qui se chargera des différentes études, des travaux d’infrastructure, de la définition et de la commercialisation des composantes de la cité médicale, et de l’exploitation des espaces qui la composent, sous la tutelle du ministère de l’Équipement et de l’Habitat ».

«Au cours de ce conseil, un exposé a été présenté sur les composantes de ce projet et son emplacement, ainsi que sur ses principales fonctions, les différentes spécialités qu’il comprendra et ses objectifs, tels que la possibilité de fournir environ 42.000 emplois et de créer de nouveaux marchés pour l’exportation de produits innovants dans le domaine de la santé », selon la présidence du gouvernement.

Le projet de la Cité médicale de Kairouan comprend un espace de services de santé, un espace universitaire, un espace industriel lié à la santé, un espace touristique, culturel et sportif, un espace résidentiel, un espace de services publics, un espace administratif et de sécurité, un espace de production d’énergie renouvelable et un centre de collecte et de traitement des déchets hospitaliers.

Retards intriguants

De son côté, le Président Kaïs Saïed a dénoncé le retard pris dans le démarrage du projet, soulignant lors d’une réunion avec certains membres du gouvernement que « ce grand projet est bloqué depuis 2020, et que certains départements travaillent encore avec des parties internes et étrangères pour empêcher son achèvement ».

Selon un communiqué publié par la présidence tunisienne, « la réunion a également abordé la forme juridique que prendra la cité médicale et le choix du cadre le plus souple, le plus efficace et le plus rapide pour surmonter les retards. Le financement interne et externe de ce projet d’importance nationale a également été discuté. »

Ce n’est pas la première fois que le Chef de l’Etat parle d’« opérations d’obstruction» pour retarder la réalisation de cette cité médicale. En octobre 2022, lors d’une visite à l’hôpital Al-Rabta de Tunis, il avait souligné que « les fonds pour ce projet ont existé à une époque mais ont été bloqués pour des calculs internes».

Le retard dans la réalisation du projet de la Cité médicale de Kairouan remet en question la capacité à réaliser des projets aussi importants dans un pays confronté à des difficultés économiques.

Un financement échelonné

Dans des déclarations à la presse, l’économiste Mourad Hattab a néanmoins affirmé que la Tunisie « n’est pas confrontée à des problèmes financiers dans la mise en œuvre de ce projet, mais plutôt à des obstacles logistiques qui nécessitent des efforts concertés pour les surmonter ».

Hattab a également indiqué que « le financement des grands projets se fait par étapes et non en une seule fois, et que le projet de la cité médicale de Kairouan nécessitera de nombreuses années pour achever sa mise en œuvre et sa réalisation », ajoutant qu’« il sera financé par un groupe de banques, des sociétés de développement, des institutions nationales et bien d’autres parties ».

L’on s’attend à ce que le financement de ce projet s’étende sur 20 ans car il sera réalisé par étapes. D’autant que les ressources financières propres à la Tunisie peuvent assurer la réalisation de tels projets, vu qu’un montant de 5 milliards de dinars est annuellement alloué à la réalisation de projets de développement.

De l’avis de plusieurs experts, la Cité médicale des Aghlabides « s’inscrit dans le cadre de l’intégration régionale et non du développement régional car elle créera une sorte d’harmonie avec plusieurs autres gouvernorats et contribuera à une dynamique économique dans la région ». D’où la nécessité de surmonter tous les obstacles administratifs et d’œuvrer à sa réalisation dans les plus brefs délais.

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