On accède à cette jolie galerie par une allée verdoyante, aux murs ponctués de pots exubérants, et l’on découvre tout au bout un bel espace de blancheur dont les cimaises se font accueillantes aux explosions de couleurs que proposait Hamda Dniden. L’homme qui aimait les femmes, comme aiment à le nommer les critiques d’art, ne déroge pas à ses choix. La déesse qu’il s’est choisie comme inspiratrice est omniprésente.

Tanit ou Elyssa, Cybèle ou Junon ont inscrit leur trace dans son imaginaire. Leurs descendantes sont glorieuses, imposantes, royales et majestueuses. Mais elles savent aussi être joyeuses, gracieuses, ludiques et malicieuses. L’éternel féminin de l’artiste obéit à une esthétique personnelle, toutes de lignes amples et généreuses, de formes callipyges, de rondeurs adoucies. Mais les femmes de Hamda Dniden sont également là pour raconter une histoire, transmettre un message dont elles sont dépositaires, s’inscrire dans une épopée, une tranche de vie. Elles sont les éléments d’un tout qui les dépasse, mais dont elles sont les supports, la cheville ouvrière, la clé de compréhension.

L’enfant de Sidi Bou Saïd est également, comme tout artiste qui choisit d’y vivre, le chantre du village sacré à la magie duquel nul ne saurait échapper. En spectateur ébloui, il structure et déstructure indéfiniment l’architecture miraculeuse de cet ensemble à nul autre pareil, choisissant délibérément de se focaliser sur les enchevêtrements de voûtes et d’arcades, optant pour une perspective d’accumulations, de superpositions, d’inclusions de thèmes, dans un vertige pictural propre à Hamda Dniden et qui est en quelque sorte sa marque de fabrique. Et puis, au fil des cimaises de cette exposition décidément différente, le peintre dévoile un imaginaire d’une poésie débridée, laissant envahir ses toiles par un univers de succubes et d’incubes, d’animaux mythiques, de pégases, de minotaures, de licornes et autres tritons. Il nous entraîne dans cet univers onirique et l’on se demande où il va.

Alya Hamza

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