En dépit d’un mauvais démarrage de saison, les dirigeants marsois restent confiants. Le président du club, Ahmed Ben Youssef, revient sur un début de saison plus difficile que prévu, le changement d’entraîneur, la politique à suivre dans les semaines à venir. Il nous explique pourquoi les membres de son bureau et lui-même croient toujours en la possibilité de voir l’équipe retrouver son rang naturel parmi l’élite. Entretien.


L’ASM a connu un mauvais début de saison. L’équipe a trébuché plus d’une fois. Qu’est-ce qui s’est passé ?
Quand un club comme l’Avenir Sportif de La Marsa se retrouve relégué en Ligue 2, la première chose à faire est d’établir un scénario d’urgence dans la perspective de réintégrer la Ligue 1 et faire retrouver au club son rang naturel. Cela implique obligatoirement des recrutements pour renforcer le groupe. On doit avoir le maximum de points pour pouvoir accéder à la Ligue 1 à la fin de la saison. Cela implique aussi de mettre beaucoup de pression sur toutes les parties prenantes : dirigeants, staff technique et joueurs. Tout le monde travaille donc sous la pression. Même le public subit les conséquences d’une pression qui pèse lourd sur les épaules de tous.
Cette énorme pression que nous subissons nous a empêchés de faire de la programmation, donc du travail réfléchi basé sur une stratégie à moyen terme. Résultat des courses : nous nous retrouvons en Ligue 2 pour la troisième saison consécutive. Une troisième saison qui connaît de plus un mauvais démarrage.
Pourtant, nous avons fait les recrutements qu’il fallait. Nous avons recruté les meilleurs joueurs que nous pouvons trouver sur le marché local, étant donné que nous n’avons pas droit de faire venir des joueurs étrangers. Nous avons également renforcé l’effectif par quatre jeunes, juniors et espoirs, formés au club. A l’intersaison, nous pensons avoir fait une préparation adéquate ponctuée de deux stages. Dès le départ, nous avons résolu le débat : faut-il miser sur la formation ou opter pour les recrutements ? Le choix s’est vite fait. Nous avons opté pour des recrutements avec des profils de joueurs bien ciblés. Des joueurs qui connaissent bien les secrets de la Ligue 2. Pour réussir dans cette division, il faut des joueurs agressifs. Or, cette agressivité, nous ne l’avons pas trouvée chez nos joueurs dans certains matches.
Notre but était de ramasser le maximum de points lors des premières journées. Les choses ne se sont pas passées comme nous l’espérions. A Djerba, l’équipe était méconnaissable. Nous avons raté également le dernier match disputé à Gabès.

Si nous comprenons bien, la formation est pour le moment laissée à côté et c’est l’accession qui l’emporte sur toute autre considération…
Notre mandat a pour objectif l’accession. C’est le but que nous a fixé l’assemblée générale élective. Les adhérents nous ont mandatés pour que l’équipe retrouve sa place parmi l’élite. Pour ce faire, il nous faut une solution d’urgence qui passe par la voie des recrutements.
J’avoue que la logique veut que la formation soit la stratégie à adopter. Une stratégie qui donne ses fruits au bout de trois à quatre saisons. Nous formerons sans doute des joueurs. Par contre, l’accession ne sera pas garantie.

Les observateurs les plus avertis s’accordent à dire que l’accession en Ligue 1 est plus difficile que la relégation de la Ligue 2. La deuxième division étant un monde à part…
Je vous l’accorde. La Ligue 2 est très difficile à disputer. C’est une compétition qui a ses propres caractéristiques. C’est un championnat bien particulier. Un monde à part comme vous dites. Rien que jouer sur du tarton nécessite une préparation bien particulière.
Par ailleurs, l’équipe marsoise est restée plus qu’il le fallait en deuxième division. Parmi les causes de ce « séjour » qui n’a que trop duré, la difficulté de s’adapter à un championnat pas facile à disputer. La Ligue 2 n’a rien à voir avec la Ligue 1. Les rouages et l’infrastructure ne sont pas les mêmes. L’extra-sportif non plus. Et si nous ne la quittons pas à l’issue de cette saison, ce sera encore plus compliqué la saison d’après. J’ai bien peur qu’on s’habitue à la Ligue 2 et qu’on finisse par oublier la porte de sortie. Il faut savoir aussi que la concurrence pour l’accession est encore plus difficile cette saison. L’ASM est en concurrence avec trois autres clubs qui veulent, eux aussi, retrouver leurs places parmi l’élite. C’est aussi la demande pressante des adhérents et tous les Marsois qui s’intéressent au sport en général et à l’ASM en particulier. Ce ne sera pas facile, mais nous y arriverons.

L’Avenir Sportif de la Marsa n’est pas dans son environnement naturel. Sa place n’étant pas en Ligue 2. Comment l’ASM en est arrivé là ?
La relégation en elle-même a constitué un choc pour tout le monde. La première saison en Ligue 2 n’était pas facile à vivre. La relégation a eu des conséquences sur la vie du club. Il y a eu du changement à la tête du club avec l’élection d’un nouveau président et d’une nouvelle équipe dirigeante. Les joueurs ont changé également, beaucoup de départs, mais aussi beaucoup d’arrivées, liés à la relégation de l’équipe en deuxième division.
L’ancien bureau directeur a essayé, dans l’urgence, de tout faire pour atteindre l’objectif sur lequel tout le monde s’accorde à considérer comme le suprême et l’unique : l’accession.
Malheureusement, nous étions ces deux dernières saisons à deux doigts d’accéder en Ligue 1 mais, à chaque fois, nous avons échoué à la fin. Cette saison aussi, nous avons la même pression qui pèse sur nos épaules. Tout le monde ne jure que par l’accession. Or, trop de pression nuit.

Quel est votre plan de travail pour la période à venir ?
En commun accord avec Maher Guizani, nous avons décidé de mettre fin à notre collaboration. Nous nous sommes séparés également du préparateur physique, persuadés que le travail au niveau de la préparation physique n’a pas été fait à l’intersaison. Nous nous sommes retrouvés avec tous les joueurs du milieu blessés, ce qui explique entre autres nos contre-performances.
Nous faisons confiance à un enfant du club, Walid Majbri, à qui nous avons confié les rênes de l’équipe. Nous lui apporterons tout le soutien nécessaire pour qu’il réussisse sa mission. En dépit des contre-performances enregistrées lors de ce début de saison, nous sommes tous persuadés que nous sommes en mesure de rattraper notre retard. Nous avons encore la possibilité de ramasser le maximum de points. Je crois toujours en l’accession. En soutenant l’entraîneur et les joueurs et avec le retour progressif des blessés, nous sommes capables de remettre l’équipe sur les rails. C’est que nous avons recruté les joueurs qu’il faut pour assurer l’accession. Il suffit de bien les entourer et essayer de mettre moins de pression, pour que les choses aillent mieux. Il faut savoir protéger le groupe.
Nous ferons un bilan à la fin de la phase aller et, si nécessaire, il y aura d’autres renforts au mercato hivernal. L’Avenir Sportif de La Marsa doit retrouver sa place naturelle parmi l’élite. C’est l’objectif que je me suis fixé avec le reste des membres du bureau directeur.

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