L’épidémie du diabète en Tunisie est un véritable problème de santé publique. En effet, la prévalence du diabète en Tunisie avoisine les 19,8% de la population. Les prévisions statistiques évoquent 27% à l’horizon 2027 pour atteindre plus d’un quart de la population.


La Société tunisienne d’endocrinologie, diabète et maladies métaboliques, l’Amicale des endocrinologues et diabétologues de Sfax et l’Associa-Med en partenariat avec les laboratoires «Novo Nordisk» ont organisé, récemment, une conférence de presse à Tunis à l’occasion de la célébration du mois du diabète en Tunisie sur le thème «Entre incompréhension des besoins du patient et manque d’innovation thérapeutique». Le but recherché par les organisateurs est l’engagement de toute la famille tunisienne en faveur d’une meilleure qualité de vie. De plus amples détails sur la dégradation de la qualité de la santé publique due au diabète ont été fournis lors de cette conférence de presse.
Plus de 41% des diabétiques âgés entre 50 et 69 ans souffrent d’une maladie cardiovasculaire. Le constat est bien pire puisque 30% des patients hospitalisés pour une maladie coronarienne sont diabétiques. Pourtant, l’innovation pour le traitement du diabète est constante, offrant chaque année de nouvelles possibilités pour les personnes vivant avec le diabète pour une vie sereine et épanouie.

Des décès dus au diabète compliqué
La maladie du sucre est une pathologie qui coûte des vies et pèse lourd sur l’économie et la santé publique en Tunisie. Selon un rapport de la Banque mondiale, les maladies non-transmissibles sont responsables de plus de 84 % des décès en Tunisie. De plus et pour le cas particulier du diabète, le coût de la maladie explose avec la prise en charge des multiples complications qui nécessitent dans la plupart du temps des hospitalisations récurrentes. Ces dernières sont nécessaires chez les patients dont le taux de glycémie est déséquilibré. Le coût de la prise en charge est faramineux et supporté par la collectivité publique.
Afin de réduire les complications et les coûts de prise en charge du diabète, il est recommandé de le traiter de façon précoce et optimale. En effet, le traitement du diabète à ses débuts permet de retarder les complications de la maladie. Pourtant, plus de 75% des dépenses publiques directement liées au diabète prennent en charge les complications de la maladie, y compris les hospitalisations suivant les épisodes cardiovasculaires.

Intervenant lors de la conférence de presse, Mele Maha Chouikha, membre de l’Associa-Med (Association des étudiants en médecine de la Tunisie)—qui rassemble plus de 2000 étudiants en médecine, répartis dans les 4 bureaux locaux (Tunis, Sousse, Monastir, Sfax)— a révélé que « pour opérer un changement au niveau de cette maladie, nous devons, d’abord, être conscients des menaces qui pèsent aujourd’hui. Actuellement, on estime à 60% les morts dans l’Eastern-mediterranean dues aux maladies non transmissibles».
En effet, au-delà de la santé (publique et reproductive) et de l’éducation médicale, le champ d’action de l’Associa-Med englobe également l’humanitaire et la défense des droits de l’Homme. Et d’ajouter : « Tout ce travail est effectué dans le but de former l’étudiant en médecine et de renforcer sa participation active au développement de la société tunisienne. Et parce que nous sommes de jeunes médecins concernés et conscients des problèmes de la santé publique nous avons axé nos efforts sur les maladies non transmissibles comme priorité cette année».
«Pour ce faire, Associa-Med Tunis a choisi «Novonordisk» comme partenaire pour travailler sur le diabète vu son expertise et expérience dans ce domaine. Pour moi, le traitement de cette maladie par les médecins est une véritable passion. D’où la nécessité de sacrifier notre temps libre pour organiser une campagne volontaire de dépistage du diabète. C’est aussi la passion qui nous pousse à collecter des fonds pour concrétiser des projets de sensibilisation ou des formations», conclut l’oratrice.

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