TPMazembé balayé, l’EST retrouve le WAC en finale. Le dispositif tactique était blindé, mais la chance a été aussi du côté de notre représentant.

La défense de l’Espérance Sportive de Tunis s’est dressée en vraie citadelle avant-hier à Lubumbashi devant les assauts offensifs à répétition du Tout-Puissant Mazembé dans le cadre de la demi-finale retour de la Ligue des champions. Elle y a réussi un providentiel «Clean sheet» (0-0) par lequel les «Sang et Or» sont parvenus à défendre crânement leur acquis du match aller (1-0). Et du coup, ils iront affronter le Widad Casablanca en finale. Ce sera avec de très fortes chances de remporter leur deuxième trophée d’affilée et le quatrième de leur histoire dans la plus prestigieuse des compétitions africaines.
Seulement, l’immense performance réalisée par l’Espérance en terre congolaise n’était pas de tout repos. Au contraire, c’était un vrai calvaire truffé de frayeurs absolument déconseillées à ceux qui ont le cœur en chou-fleur. Tellement les occasions de buts déferlaient devant la cage de Moez Ben Chrifia qui s’en est sorti avec beaucoup de mérite.

Ben Chrifia, le héros de Lumbumbashi
Qu’est-ce à dire? Peut-on parler d’un quasi-risqué refus de jeu adopté par l’Espérance ? Franchement, il y a un peu de cela car la troupe de Mouîne Chaâbani s’est recroquevillée à l’arrière-garde durant une grande partie du match, notamment en deuxième mi-temps.
Pourtant, c’est ce qu’on avait le plus redouté avant cette deuxième manche car l’avance peu consistante du match aller ne permettait pas ce genre de choix à très très haut risque face à une attaque des «Corbeaux», capable de faire mouche à tout moment.
Pour certains spécialistes qui bannissent le risque, c’était une sorte de jeu avec le feu. C’est que, par moments, on a eu l’impression que l’Espérance jouait au funambule démuni de balancier et suspendu entre deux gratte-ciel. C’était aussi comme si on se déchargeait littéralement sur le concours de la chance. Certes, la chance était du côté de l’Espérance surtout à la 92’ quand la balle s’était écrasée sur la transversale de Ben Chrifia.
Mais parfois la chance sourit aux braves qui se comportent en héros. Et c’est vraiment ce dont a fait montre la défense de l’Espérance et surtout son keeper Moez Ben Chrifia, incontestablement l’homme du match à Lubumbashi. Ce dernier rempart du remarquable dispositif défensif de l’Espérance a annihilé toutes les actions dangereuses, en sauvant ses filets avec brio sur plusieurs occasions nettes (35’, 44’, 57’, 67’ et 94’).
Au fil du temps et face à la frénésie montante des «Corbeaux», on avait comme l’impression que le visa pour la finale était dans les cordes des «Sang et Or».

Le bon coaching de Chaâbani
En effet, en sus de la chance qui a tourné le dos au TPMazembé, il y a eu le bon coaching de Mouîne Chaâbani qui a su rectifier le tir juste au moment où sa défense allait fléchir.
C’était lorsque les ailiers congolais ont accentué leurs opérations latérales pour harrasser les axiaux Chammam et Dhaouadi. C’était le meilleur moment d’incorporer Mohamed Ali Yaâcoubi. Ce fut exactement à la 65’ quand ce dernier a pris la place de Taha Yassine Khénissi.
On croyait pourtant qu’à ce moment-là, l’Espérance pouvait tenter sa chance de tuer le match par un contre meurtrier, car tous les joueurs congolais s’étaient massivement rués en attaque avec pour dessein de remettre les pendules à l’heure et, pourquoi pas, de renverser la vapeur par la suite.
Finalement, c’était mieux comme ça, car rien ne laissait espérer que la ligne d’attaque de l’Espérance était capable de réussir le grand coup escompté avant ce match. Anis Badri et Yassine Khénissi étaient amorphes et loin de leur inspiration habituelle. Et Youssef Blaïli qui était marqué de très près, était comme une seule hirondelle qui ne pouvait faire le printemps.
Ainsi, l’Espérance est sortie indemne du fort redoutable guêpier de Lubumbashi. Et du coup, elle a atteint la finale avec de fortes chances d’offrir à ses fans et à toute la Tunisie un autre trophée continental. Mais il faudra d’abord rééditer l’exploit de 2011 quand l’Espérance l’avait emporté sur le Widad de Casablanca en finale (1-0) à Radès après un match nul (0-0) à Casa. Il faudra aussi obliger l’histoire à bégayer.

Amor BACCAR

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