Bien qu’il n’y ait pas un vide juridique et bien qu’ils risquent d’encourir des sanctions, conformément aux dispositions du décret-loi 87 de 2011 relatif à leur organisation, 158 partis politiques sont en situation d’infraction à la loi.

En 2019 et en coordination avec le chargé du contentieux de l’Etat, des procédures judiciaires ont été engagées à leur encontre. Toujours est-il que les dépenses électorales des ces partis et de leurs candidats ne sont pas jusqu’à maintenant connues. Encore moins clarifiées. Leur financement, quoique réglementé par la loi, n’est pas non plus suffisamment argumenté. Pourtant, entre le monde politique et le monde des affaires, les règles ne peuvent en aucun cas être sujettes à débat. Ce qui importe n’est pas seulement le processus démocratique dans lequel s’est engagé le pays depuis 2011 et que personne ne peut et ne doit compromettre, mais qu’il y ait aussi et surtout de la transparence et de la clarté dans le paysage politique.

Depuis leur création, certains partis politiques n’ont pas encore fourni les rapports de contrôle de leur état financier. D’autres tardent à le faire depuis un certain temps au premier président du tribunal administratif et à la présidence du gouvernement, comme le stipule la loi. Et dire qu’ils ont été invités à régler leur situation depuis 2017. Et dire aussi qu’ils sont menacés d’abord par la mise en demeure, puis la suspension d’activité, et enfin la dissolution.

Le grand nombre de partis (228) choque autant qu’il fragilise le paysage politique. La plupart n’ont pas réussi à occuper l’espace politique de façon constante et voient leur contact direct avec les électeurs se distendre. Ils n’ont plus la même capacité pour concrétiser les demandes et les attentes des citoyens. Et même s’ils peuvent parfois s’identifier à certaines revendications, ils se focalisent généralement sur des points mineurs et jamais essentiels aux yeux du citoyen. Dans le même ordre d’idées, la complexité croissante des affaires politiques pousse les électeurs à ne pas avoir vraiment de candidat, ou encore à ne plus savoir vraiment pour quel parti voter, comme le révèlent de plus en plus les sondages d’opinion.

Difficilement identifiables, les promesses et les programmes des partis politiques sont devenus désagréables, ennuyeux et intrigants. Ils n’en finissent pas de susciter les débats. Sur fond de constat amer, les interrogations ne semblent pas avoir de réponse. Faut-il rappeler à ce sujet que lorsque les dérives et les dépassements se succèdent, c’est la crédibilité et la fiabilité de tout le paysage politique qui prennent un coup. Les défaillances et les manquements l’ont conduit dans une phase très compliquée dont l’issue est incertaine et surtout difficile à cerner.

Il y a réellement un décalage entre ce qui était rêvé un certain 2011 et ce qu’on a pris aujourd’hui l’habitude de voir et de vivre. L’écart énorme entre les promesses politiques et leur réalisation sape la démocratie…

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