Retour de Khelifa et de Lahmar en championnat : Le poids du métier

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Leur apport ne sera pas seulement technique, il sera moral et humain pour leurs entraîneurs.

Saber Khelifa et Hamza Lahmar ont décidé de quitter le championnat koweïtien et de revenir au championnat tunisien. Lahmar a regagné l’Etoile, alors que Khelifa a retrouvé son CA, mais ce sera à partir de décembre (sanction de la Fifa). Un mouvement dans le même sens : d’un championnat arabe du Golfe (rémunération élevée) à un championnat familier et sûrement moins rentable, mais plus facile en termes d’intégration ; vont-ils pouvoir apporter le plus à leurs entraîneurs Benzarti et Dridi ? Et concrètement qu’est- ce qu’ils peuvent faire sur le plan relationnel ? Pour certains supporteurs, le retour d’un joueur d’un championnat arabe vers le championnat local est mal perçu : c’est un signe de lassitude et de fausse nostalgie. Pour d’autres, c’est un moyen efficace et économique de capitaliser un bonus technique et humain dans le groupe.

Khelifa : un leader
Il faut être passionné pour accepter d’attendre jusqu’à décembre pour pouvoir jouer avec les couleurs du CA. Réfutant l’offre étoilée, Khelifa est devenu clubiste avec sursis. Ce joueur est devenu leader au CA : plus que son apport technique (en fait, il a perdu de son explosivité et de son adresse), il apporte stabilité et assurance pour le groupe. C’est sûr qu’il va évoluer en attaquant de pointe, et non comme ailier vif (âge et reconversion). Il a le sens du but, il sait se placer là où il faut, et pour un club comme le CA, Khelifa est un véritable renfort. Il fédère ses équipiers autour de lui et atténue beaucoup la pression du public qu’il aime. Dans les vestiaires, Khelifa est plus qu’un simple attaquant de métier, c’est un leader, une personne que les joueurs et les dirigeants aiment et la sollicitent dans tout genre d’aide. Dans les problèmes interminables de ce CA de Dridi qui tente de se rassurer, Khelifa va donner un énorme plus technique et relationnel. A 33 ans bientôt, et avec une tenue athlétique pareille, il peut encore briller pour deux saisons au moins. C’est un véritable acquis pour Dridi, mais, pour le moment, les Clubsites vont devoir patienter.

Lahmar : le toucher technique
Un autre joueur se relance par le championnat tunisien, Hamza Lahmar, un régisseur et créateur confirmé qui a brillé sous la direction de Benzarti en 2015.
Il retrouve son ancien club et son ancien entraîneur, lui qui n’a plus franchement la même classe et la même forme d’il y a 4 ans. Mais Lahmar, comme Khelifa, a un fort caractère, et c’est le genre de joueur que Benzarti aime. Technique balle au pied, baroudeur surtout et c’est un joueur qui a fait des progrès sur le plan défensif. D’ailleurs, sa reconversion discutable (on n’a pas tout le temps des régisseurs aussi inspirés) en relayeur à l’Etoile et à la sélection (des temps de Kasperczak) lui ont permis de gagner en puissance et en récupération, au détriment de sa finesse technique. Son retour à l’Etoile n’était pas aussi évident, avec un veto de certains dirigeants. Mais Benzarti a tranché en sa faveur. C’est aussi quelqu’un qui sait exécuter les balles arrêtées, chose que Benzarti adore et exige dans les équipes qu’il entraîne. A 29 ans, il a les portes de son ancien club ouvertes : un club où le public est intransigeant vis-à-vis de ses joueurs. C’est la saison d’un titre local.
Lahmar et Khelifa n’auront pas de temps de familiarisation : ils connaissent tout sur leurs nouveaux-anciens clubs. D’autres joueurs qui n’ont plus envie de terminer dans les pays du Golfe vont avoir la même tentation.
Le métier, la personnalité et l’envie de mener leurs équipiers sont le moteur de ce retour moins rentable, mais plus passionnant.

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