L’invité du lundi… : Karem Ben Hnia (Haltérophilie) : « Parmi les favoris à Tokyo »

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– « A force de forger on devient forgeron »
– « Soulever 342 kg pour glaner une médaille »
– «Moknine, un bastion de l’haltérophilie »

A six mois des Jeux olympiques de Tokyo 2020, notre haltérophile  Karem Ben Hnia a laissé entrevoir des prédispositions prometteuses. A Tokyo, sera-t-il en mesure de faire mieux qu’en 2016, à Rio, où il a été éliminé à l’épaulé-jeté ? Karem Ben Hnia vient de s’illustrer à Rome en glanant deux médailles d’or et un sésame en argent lors de la coupe du monde, une des principales compétitions qualificatives aux J.O de Tokyo. Comment  a-t-il progressé ? Sera-t-il au top le jour J? Quelle préparation adéquate afin de monter sur le podium  aux J.O ? Comment est-il venu à l’haltérophilie ? Interview:

Récemment à Rome, tu as excellé

C’était une première pour moi. J’avais à faire à des adversaires redoutables, à savoir un Chinois, un Bulgare et un Turc.

Le virevoltant Bulgare était par contre absent.

Maintenant, si j’ai progressé, je pense que je ne suis pas encore au top de ma forme. Je dois travailler davantage.

Que de chemin parcouru depuis Rio

J’ai acquis de l’expérience. Et puis,  je me sens beaucoup mieux dans mon actuelle catégorie de poids, à savoir celle des 73 kg. A l’inverse, chez les 69 kg, je n’étais pas vraiment à l’aise.

Tu as été éliminé en épaulé-jeté en 2016

« A force de forger on devient forgeron » rien qu’en répétant le style de l’épaulé-jeté plusieurs fois à l’entraînement, j’ai amélioré ma technique, et notamment mes styles en soulevant des poids assez lourds. En 2016, je soulevais 177 kg à l’épaulée, et maintenant je suis à 186 kg. Sur ce, je suis capable de soulever beaucoup plus.

Comment se passe ta préparation ?

Notre nouvel entraîneur, l’Egyptien Karouni, a un excellent C.V.

Il a veillé sur les destinées de plusieurs champions du monde et olympique en Égypte, ainsi qu’en Arabie Saoudite.

Bref, il est chevronné. Je commence à apprendre beaucoup de choses à ses côtés.

Comment es-tu venu à l’haltérophilie ?

Ma ville de Moknine est connue essentiellement pour être un bastion du hand-ball et de l’haltérophilie. C’est à l’école que Mohamed Zidi m’a poussé vers la pratique de l’haltérophilie.

Puis, l’on m’a orienté vers la maison des jeunes, lieu d’entraînement de la jeunesse de Moknine, encadrée par deux bons techniciens, à savoir Habib Ben Mansoura et Hédi Mlayah avec lesquels j’entretiens d’excellents rapports.

Tes ambitions à Tokyo

Je suis parmi les favoris. Reste à savoir dans quel état d’esprit je serais le jour J. Un fait certain. J’ai progressé techniquement et physiquement par rapport à l’édition précédente. En clair,  je vise le podium aux JO. Mon record au total est de l’ordre de 338 kg. Il faut que je soulève environ 342 kg pour glaner une médaille. Aux jeux olympiques seul le total compte pour les médailles. Maintenant, je dois me consacrer à l’entraînement pour toucher au but. La période qui nous sépare des JO 2020  est courte et je dois optimiser ma préparation et ne penser qu’au sport et aux performances. A titre d’exemple, je ne dois pas penser aux salaires que j’ai perçus en octobre, ni aux primes de 2019. Une participation à une olympiade est unique.

Je dois être fin prêt.

Quand  ton épopée a-t-elle débuté ?

En 2010, j’ai remporté trois médailles d’argent lors du championnat d’Afrique juniors. En 2011, j’ai glané une médaille de bronze au championnat du monde, et en 2013, je me suis classé 4e mondial junior. En 2015, je me suis classé 5e mondial seniors. Puis j’ai atteint la septième place au aux JO de 2016. Par la suite, je suis monté en grade, atteignant le pied du podium en 2017 (4e au classement) selon la hiérarchie de l’instance internationale.

Salah KADRI

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