Métlaoui | Le musée des mines : La minéralogie du passé dans l’attente d’un renouveau

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musée national des mines metaloui

 

Le musée est devenu le gardien de la mémoire collective des miniers de la région.

Situé à Métlaoui, la plus grande ville du bassin minier en Tunisie, le musée des mines se dresse comme un témoin vivant de l’histoire de l’exploitation des phosphates. L’aventure débute en 1885 lorsque le médecin vétérinaire français Philippe Thomas, membre de l’armée française, découvre cette richesse terrienne à Djebel Gafsa et Tamerza. Cette découverte marque le début d’une riche histoire minière. En 1897, la compagnie des phosphates voit le jour, jetant les bases de l’exploitation qui allait façonner la région. Le bassin minier, réputé pour son patrimoine minier, évoque la mémoire de toute une communauté.

Préserver la mémoire des générations de miniers

Cet héritage se compose d’ustensiles, d’habits de mineurs et de cités surgies après la découverte des phosphates. Niché au cœur de Métlaoui, le musée des mines émerge comme une relique précieuse, inscrite dans l’histoire profonde de l’exploitation des phosphates. Inauguré le 14 avril 1992, le musée s’inscrit dans le sillage de cette volonté de préserver la mémoire de cette richesse naturelle. Conçu pour intégrer un circuit touristique, il aspire à rejoindre le réseau des musées nationaux pour une reconnaissance à l’échelle nationale. Ce musée se présente comme un gardien vigilant des temples et les pièces exposées sont plus qu’une simple collection d’objets, elles incarnent la mémoire vivante des générations qui ont façonné leur existence autour de l’exploitation minière. Elles sont des répliques et des témoins silencieux de l’effort collectif, de la persévérance, et parfois des sacrifices pour exploiter et explorer ce don de la terre.

Besoin de restauration

Cependant, après la révolution de 2011, le musée a connu des heures sombres. Mohamed Ben Nticha, un fervent défenseur du patrimoine minier, témoigne de la négligence et du pillage subis par le musée. Sous la tutelle de la CPG, le bâtiment s’est dégradé, le rendant inutilisable. Notre guide, Mohamed Ben Nticha, mobilisé pour cette cause, a rassemblé 2.500 pièces d’outils et d’ustensiles utilisés à l’époque pour extraire le phosphate, dans l’espoir de réhabiliter le musée. Pourtant, cette mémoire vivante du phosphate a plongé dans l’oubli et le désintérêt.

Il ajoute : «Un groupe de Français, autrefois imprégnés de la vie à Métlaoui, et nostalgiques de cette période vécue dans ces contrées, ont exprimé leur consternation, et ont ressenti la désolation devant l’état piteux du musée, soulignant l’importance de préserver le patrimoine au-delà des frontières. Cependant, ils ont également célébré les efforts de restauration dans une ancienne église grâce à l’engagement de la fédération des municipalités». Ainsi, le musée des mines transcende son statut de simple institution culturelle. Il est devenu le gardien d’une histoire profondément enracinée dans la vie des citoyens de Métlaoui, et sa restauration représente un acte de préservation non seulement du passé, mais aussi de l’identité et de la fierté d’une communauté façonnée par l’exploitation des phosphates.

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