Industrie du cinéma : une affaire de tous les professionnels

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Editorial La Presse

Professionnelles ou amateurs, toutes les structures et associations du cinéma et de l’audiovisuel se sont manifestées par un communiqué cette semaine pour dire que le projet de loi présenté à l’ARP concernant leur métier ne les représente pas. Voici ce que dit le communiqué : «Suite à la réunion consultative autour du projet de loi sur l’industrie cinématographique en Tunisie proposé à l’Assemblée des représentants du peuple, les structures professionnelles du secteur cinématographique et audiovisuel et les associations concernées toutes signataires informent l’opinion publique, les différentes structures et institutions qu’elles ne sont pas concernées par le projet de loi précité. Elles portent également à la connaissance du public qu’elles n’ont désigné aucune délégation ou structure représentant le secteur pour parler en leurs noms. Par conséquent, les signataires  invitent le président de l’ARP à les faire participer à toutes les initiatives législatives inhérentes au secteur du cinéma et de l’audiovisuel».
Les signataires sont : le Syndicat indépendant des réalisateurs producteurs, la Chambre syndicale des distributeurs et exploitants de salle de cinéma, la Fédération tunisienne des ciné-clubs , la Fédération tunisienne des cinéastes amateurs, l’Association tunisienne des cinéastes indépendants.

Cette prise de position survient à la suite de la création récente du groupement industriel de l’industrie cinématographique qui a proposé le projet de loi en faisant cavalier seul à l’ARP. Même si toute personne est libre de créer une association ou un groupement, la naissance de cette structure semble créer un clivage de plus dans le milieu du cinéma. Déjà, les professionnels du cinéma ne sont pas légion en comptant ceux qui n’ont plus réalisé de films depuis des décennies, ceux qui ont tourné des films «nutritifs» qu’ils ne montrent jamais au public ou ceux qu’on ne voit plus depuis des années alors qu’ils font toujours partie de ce monde. Tout cela ne fait pas bonne presse à notre cinéma ! La raison est qu’il n’y a personne pour fédérer tous ces ego surdimensionnés. Parce qu’il s’agit moins d’une guerre de clans que de crise d’ego. Force est de croire que les députés et l’ARP ne sont pas très éclairés sur le pedigree de ces têtes d’affiche responsables de ces clivages! Ce communiqué tombe donc à pic puisqu’il leur permet de voir le «casting» au complet du milieu cinématographique.    

Et maintenant ? Maintenant on croit savoir que le président de l’ARP a pris en considération cette position des signataires en question par la force des choses, puisqu’il  s’agit également de structures professionnelles représentatives du secteur, et qu’il aurait accepté leur participation aux discussions relatives à ce projet de loi. Ce qui est à notre sens d’une implacable logique pour que tous les points de vue soient représentés et que toutes les décisions finales reflètent les attentes de tous les professionnels.

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