Le baccalauréat, une affaire d’Etat

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Editorial La Presse

 

L’épreuve du Bac avance à grands pas. C’est à partir du 5 juin 2024 que quelque 115.791 candidates et candidats se présentent à la session principale de juin 2024 dans les établissements publics, 17.397 dans les lycées privés et 7.018 en candidats libres.

Les épreuves écrites se tiendront les 5, 6, 7, 10, 11 et 12 juin, pendant que la session de contrôle aura lieu du 1er au 4 juillet 2024. Quant aux épreuves écrites pour le concours d’accès aux collèges pilotes, elles se dérouleront du 20 au 22 juin prochain.

Le baccalauréat est un événement complexe, à la fois éducatif et social. Il convoque de plus en plus l’ordre sécuritaire et maintenant les services technologiques. Un concours national qui engage la responsabilité de l’Etat et met à rude épreuve ses différents départements.

Éducatif. C’est en premier lieu le rendement du ministère de l’Education qui sera jaugé ; la qualité de l’organisation, le niveau et le contenu des examens ainsi que la fiabilité des différents services et collaborateurs. Aussi, ne faut-il pas l’oublier, la fraude, une tache qui n’a pas cessé de ternir la crédibilité des examens nationaux, se situe à plusieurs niveaux. Lorsqu’il y a fuite avérée de sujets, quelques heures avant le jour de l’examen, ce ne sont point les hauts faits d’élèves fraudeurs, mais de ceux des employés du ministère et de l’imprimerie et tous ceux qui sont en contact direct avec les sujets validés en dernier lieu. De la préparation à la conservation, en passant par l’élaboration et l’impression des sujets d’examen, les intervenants sont nombreux. C’est pourquoi ils doivent être en nombre restreint, d’une exemplarité sans faille et leurs tâches parfaitement identifiées. Lorsqu’arrive l’heure des comptes, on sait exactement qui a fait quoi.

Social. Des dizaines de milliers de foyers tunisiens sont concernés. C’est un moment difficile pour le candidat autant que pour son entourage. Les familles sont appelées à surmonter leur propre peur, et pratiquement tout arrêter pour entourer de son soutien et sa bienveillance un enfant qui en a bien besoin. La peur d’un blocage, d’un burnout ou de n’importe quel autre incident accompagne la durée du concours. Sans parler de l’anxiété que développent souvent les futurs bacheliers et leurs familles face à l’attente du résultat.

Sécuritaire. Le convoi des sujets et copies d’examen se fait grâce au concours des forces de l’ordre et dans certaines zones, des militaires, ainsi que la sécurisation des centres d’examen. C’est une logistique sophistiquée. Tout doit être fait selon des règles précises et contraignantes, ne laissant aucune place à l’improvisation, à l’amateurisme et au cafouillage.

Technologique. La triche liée à l’usage des nouvelles technologies est de plus en plus fréquente, nargue frontalement l’Etat et assiste des tricheurs rivalisant déloyalement avec leurs camarades qui ont travaillé dur. Les oreillettes intra-auriculaires représentent un défi à mettre en échec absolument. Aux grands maux, les grands moyens, quitte à brouiller ponctuellement les réseaux téléphoniques. Les surveillants, enfin, ont une lourde responsabilité sur les épaules dans les salles d’examen. Ils se doivent de faire preuve d’une tolérance zéro.

Une campagne serait la bienvenue pour sensibiliser les candidats aux risques encourus en cas de fraude. Refaire l’année du bac, dans une vie, ne compte presque pas. Mais tricher dans un concours national et s’exposer à des sanctions administratives et pénales. Là c’est grave !

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