Après le tollé de l’ARP, le cri d’alarme sur la fuite de 25.000 enseignants et chercheurs universitaires, l’appel à cesser les violences contre les étudiants et l’accusation de la tutelle de pérenniser la crise la plus grave de l’histoire de l’université tunisienne, Ijaba poursuit son sit-in devant le ministère et continue à brandir le spectre d’une année blanche. C’est ce que vient de confier à La Presse Nejmeddine Jouida, coordinateur général de l’Union des Professeurs Universitaires Chercheurs Tunisiens (Ijaba).

Personne ne les a ratés le jour où leurs protestations ont enflammé à l’ARP, provoquant un tollé face au chef du gouvernement venu s’expliquer sur la crise de la santé publique. Eux, ce sont les membres de l’Union des professeurs universitaires chercheurs tunisiens (Ijaba).

Depuis , ils ne se sont pas fait oublier et ont, au contraire, multiplié les protestations qui ont pris, à chaque fois, une forme différente afin de faire entendre leurs revendications. Ijaba a ainsi lancé un cri d’alarme sur les 25 000 enseignants et chercheurs universitaires qui ont quitté le pays au cours des dernières années. Ils ont dénoncé, aussi, la violence contre les étudiants et s’en sont pris au ministre de l’Enseignement supérieur Slim Khalbous en l’accusant d’être à l’origine de la crise la plus grave de l’histoire de l’université tunisienne. Leur objectif est de poursuivre les mouvements de protestation qui ont pour l’objectif d’éveiller l’opinion publique sur la situation catastrophique dans l’université publique et sur la politique de bafouement des compétences de premier plan.

Boycott des examens
Seulement, comme ils n’ont pas trouvé d’écho favorable à leur demande, ils vont poursuivre l’escalade de leur mouvement dans les jours et les semaines qui vont suivre.

C’est ce que vient confier à La Presse Nejmeddine Jouida, coordinateur général D’Ijaba : ‘’Il faut bien comprendre ce qui se passe car si nous sommes en sit-in depuis plus de 20 jours, nous continuons à enseigner malgré tout. Nous avons formulé un agenda de roulement pour nous assurer que certains d’entre nous soient constamment sur place, dans les locaux du ministère de l’Enseignement supérieur, et qu’en même temps nos membres honorent leurs heures de cours à Sfax, Gafsa, Gabès, Monastir, Sousse, Nabeul, Mahdia, Tunis…’’
Jouida avertit que si la tutelle ne revient pas sur sa décision de lever le gel des salaires du mois de mars (avril est menacé également), ils poursuivront leur politique d’escalade en boycottant les examens. ‘’Parmi nous, il y a deux types de grévistes: ceux qui ne vont pas soumettre les sujets des examens, et ceux qui vont les passer à leurs étudiants mais sans les corriger. Alors que nous sommes à seulement quelques semaines de la fin du mois de mai, la tutelle est purement et simplement en train de nous pousser vers une année blanche.’’

Et maintenant, que va-t-il se passer ? Selon Jouida, le syndicat a déjà interpellé le Tribunal administratif à propos du gel des salaires et a montré sa résolution en organisant un sit-in pendant 20 heures non-stop au cours de la nuit du 8 au 9 avril auquel ont participé plus de 2500 universitaires et chercheurs venus de toute la Tunisie. ‘’Nous sommes en train de penser à l’organisation d’une marche dans les jours qui viennent pour que les Tunisiens prennent conscience que leurs enfants pourraient être victimes d’une année blanche’’.

Sarrah O. BAKRY

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