Kairouan – Céréales : Les prémices d’une bonne récolte

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C’est dans les années quatre-vingt que l’irrigation d’appoint a été introduite pour la première fois dans le gouvernorat de Kairouan, et ce, dans le but d’assurer une meilleure production céréalière, afin de contribuer à la sécurité alimentaire.

Au début des années 90, c’est autour de l’irrigation intensive des céréales de se développer et de s’étendre sur plus de 18.000 hectares, soit 30% des superficies irriguées dans la région.

A propos de rentabilité, ce secteur a connu une amélioration progressive grâce aux campagnes de sensibilisation, et au suivi, assurés par les techniciens agricoles d’un côté, et à l’effort des agriculteurs notamment au niveau de la préparation et de la fertilisation des sols et surtout à l’irrigation d’appoint, lors des périodes critiques, de l’autre côté. Ainsi, le rendement à l’hectare s’est amélioré au fil des années.

Le moral au beau fixe

Notons que le gouvernorat de Kairouan vit ces jours-ci à l’heure des préparatifs de la moisson et le moral des fellahs est au beau fixe, malgré les crédits bancaires, les prix de plus en plus élevés des engrais minéraux et le manque flagrant de main-d’œuvre. Selon les estimations du Crda, la récolte céréalière 2024 serait de l’ordre de 1,226 million de quintaux dont plus de 300.000 quintaux d’orge, soit 25% de plus que l’année dernière, avec une récolte de 985.000 quintaux. Ainsi, la moisson des champs emblavés d’orge a déjà commencé le 22 mai et celle relative aux champs de blé tendre et de blé dur débutera, aujourd’hui, avec évidemment le respect du taux d’humidité des grains qui ne doit pas dépasser 12% du poids net. Il faut dire que la campagne des grandes cultures a bien profité des soins prodigués à la terre, des apports en engrais et en pesticides et des campagnes de sensibilisation pour prévenir les incendies dans les champs, outre la préparation des pistes agricoles et la lutte contre les étourneaux. Néanmoins, l’absence de pluie durant les mois de mars et d’avril a affecté une grande partie de la récolte, dont la production aurait pu être plus importante que les prévisions actuelles. D’où la déception de certains fellahs qui dépendent des prêts bancaires et des facilités accordées par les fournisseurs des produits de traitement. Et même ceux qui possèdent des superficies de céréales irriguées tentent, tant bien que mal, de s’en sortir.

Témoignage

Ali Mejhri, 52 ans, possède 14 hectares de céréales en irrigué à Zaâfrana, a lui aussi souffert du déficit pluviométrique : «D’habitude, je récolte 800 quintaux, cette année je m’attends à n’avoir que 600 quintaux.

Normalement, je procède à 6 irrigations espacées suivant les besoins du cycle végétatif des céréales. Cette année, j’ai dû faire 10 irrigations à cause du manque de pluie. De plus, je dépense en moyenne 1.000 dinars par hectare pour préparer le lit de semi et pour les semailles…».

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