SI elle a un coût, la santé des Tunisiens n’a pas de prix. C’est l’argument fortement soutenu par le chef du gouvernement lors de son premier entretien télévisé. Un entretien destiné

essentiellement à rassurer les Tunisiens et pas seulement revenir sur l’évolution de la situation épidémiologique.

Il y a de ces contextes qui imposent une prise de position inflexible et inébranlable. Le message du chef du gouvernement est clair. Il tient à assumer sa responsabilité en tant que chef

de l’exécutif. Certains peuvent parler de totalitarisme. Lui, il y voit plutôt un moyen normal pour atteindre les objectifs escomptés, avec quelques sacrifices, quitte à s’attirer les foudres de ses détracteurs. Il se revendique comme étant l’homme le plus responsable dans ce contexte très particulier par lequel passe la Tunisie, mais celui qui détient le pouvoir et les clés de
la réussite. Durant 1heure 35, il a su se faire remarquer par son pragmatisme. Son objectif était de parvenir à rassurer les Tunisiens, « un grand travail a été accompli dans les hôpitaux, notamment pour ceux qui seront touchés par le Covid-19 ».

Les Tunisiens bénéficieront de tests indépendamment de leur région : « Nous allons entamer les analyses massives grâce aux tests de dépistage rapides. 400 mille tests seront acquis
et nous poursuivrons dans la démarche ciblée».

Rassurer les Tunisiens, mais aussi ne pas fuir ses responsabilités dans un puits d’exigence sans fond. « Je peux comprendre que certains n’en peuvent plus, qu’ils ont besoin de se nourrir, que les aides sociales tardent à venir. Mais l’Etat fait de son mieux et déploie tous les efforts pour soutenir tous les Tunisiens durant cette période».

Tant d’engagement dans le discours et dans la méthode de la part d’un chef du gouvernement qui ne manque pas de s’inscrire dans le droit fil des défis à relever et des objectifs à atteindre. C’est dire à quel point il en est conscient, combien il en prend aussi la mesure. « Les hommes, mais aussi les moyens pour une pareille entreprise sont bel et bien là », laisse-t-il entendre. L’on ne voit pas pourquoi il n’en sera pas ainsi, d’autant que les mécanismes, le mode de travail, la volonté et le rendement sont plus que jamais valorisés.

Dans ce contexte bien particulier, les images se bousculent toujours et sans fin, les exigences et les contraintes de surpassement s’imposent d’elles-mêmes. La Tunisie se déploie avec une logique anticipative, mais aussi avec la rigueur du résultat. C’est un véritable bataillon qui est en ordre de marche avec autant d’espoirs que de certitudes. La recette avec tout ce qu’elle comporter d’effort, de don de soi et de volonté est là : savoir-faire et efficacité devraient rimer avec constance et persévérance.

Le plus important est que la route soit bien tracée. Dans un paysage politique où rien ne prédispose les députés à être le modèle de vertu que l’on souhaiterait qu’ils soient, Elyes Fakhfakh se revendique comme le maître à bord. Une vocation, oui, mais aussi un sentiment de devoir national.

Il y en a justement de ces exigences qui servent pour rebondir. Ce n’est pas toujours facile, mais le défi mérite d’être relevé. La volonté et l’envie de réussir s’indiquent comme telles. Le chef
du gouvernement déclenche ainsi une courbe ascendante de sa carrière politique.

Il y a d’ailleurs beaucoup de choses à retenir dans un discours revisité et recomposé dans la forme et dans  le fond. Tout ce qui a été dit et soutenu renvoie l’image d’une approche qui n’a qu’une seule visée : se démarquer de l’esprit conformiste et oser tous les genres. Cette reconversion ne passe pas seulement par les décisions à prendre, mais également par la révolution des esprits.

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