« Par le passé, le CA en a vécu des calvaires avant de rectifier le tir. Mais là, le fardeau est trop lourd ! Qu’est-ce qui s’est donc passé pour que le CA en soit arrivé là ?! Une succession de choix erronés, de casting aux antipodes des besoins du club, de management défaillant, de mauvaise gestion, de déchirements internes, de frilosité, de passivité ! Aujourd’hui, le réveil est brutal. C’est le coup de massue pour un club qui doit dorénavant travailler plus que les autres pour combler son retard et ne plus être la risée de ses concurrents. Regardez l’équipe A, après un travail colossal signé Lassaad Dridi, le groupe a été déconstruit en quelques semaines ! Pourquoi? Parce que les joueurs sont démobilisés, victimes de la nonchalance de l’administration. Impayés, les joueurs ont été livrés à leur triste sort. Et après, ça se dit pro comme gestionnaires ! Aujourd’hui, il faudra probablement bien plus de temps pour reconstruire le puzzle. Oui, le CA traverse une zone de turbulences, entre divisions internes, pessimisme et absence de visibilité. Dans ce contexte électrique, il va devoir se réinventer et tordre à terme le cou à ses détracteurs,  si le CA  y parvient ! Cependant, le défi n’en serait que plus taquin ! Le challenge forcément excitant… »

« Soigner sa communication de crise »

« Cela dit, je ne vais pas m’étaler sur les dettes, le gouffre financier du CA. Tout le monde sait de quoi il s’agit. Je voudrais aborder plutôt un angle important, celui de la communication du CA. . Que reste-il des outils de communication adoptés il y a plus de 12 ans ? Pas grand-chose, sachant que le dispositif a changé mais n’a pas forcément évolué. En clair, il aurait fallu procéder à une analyse critique de l’influence des paradigmes sur la stratégie de communication clubiste. Pourquoi ? Car depuis 2012, la communication de crise clubiste oscille entre silence dévastateur et messages incohérents. Bref, il faut soigner sa communication de crise. Communiqués, correspondances, confidences tantôt, déclarations, élans oratoires ou même péremptoires ! Les supporters ne savent plus à quel saint se vouer. Il serait donc temps de positionner le curseur au bon endroit. Au CA, même quand il n’y a pas grand-chose à dire, on interprète, on imagine désormais! Les années passent et les saisons se ressemblent. Le CA, club sanguin par excellence, est souvent confronté à des moments de tension, englué dans les affaires, improductif dans son management, incohérent dans ses choix, et, surtout incapable de rassembler et de prôner l’union sacrée. Il est temps de trancher avec cette sinistrose ! Le CA doit à l’avenir se rassembler autour d’un projet commun, porteur et fédérateur. Or, gérer un club de cette trempe sans vision et sans adopter une certaine collégialité ne peut que précipiter ce géant qu’est le CA vers l’échec, la déliquescence et même l’anonymat. Il faut que certaines têtes brûlées comprennent une bonne fois pour toutes que le CA est une institution. Ce n’est pas un caprice mais un géant qui doit être dirigé avec doigté et sérieux. Honorer ses engagements. Ne plus spéculer. Ecouter, prendre parfois du recul, comprendre avant d’agir et garder la tête froide au lieu de se montrer impulsif. Quand on veille aux destinées d’un club de cette trempe, l’on doit tout mettre en œuvre pour toucher au but. Et le cas contraire, il faut s’attacher à ne pas froisser des supporters qui sont les véritables dépositaires de cette vision patrimoniale, sociale et culturelle du Club Africain. Ensemble, tout devient possible».

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