934 mouvements protestation ont été recensés au cours du mois de juin 2020, enregistrant une augmentation de 81 % par rapport au mois de mai dernier (516), a indiqué l’observatoire social tunisien relevant du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux dans son dernier rapport sur les mouvements sociaux.

Selon la même source, ce chiffre est le plus élevé depuis trois ans puisqu’au mois de juin 2018, 499 mouvements ont été enregistrés et au mois de juin 2019 il y a eu 435.

Le rapport note que la nature des demandes formulées par les citoyens et les manifestants dans les espaces de protestation confirme que la situation tend vers plus de tensions.

On remarque aussi l’augmentation de la part des protestations violentes, c’est-à-dire celles capables de glisser vers la violence ou accompagnées de violence, qui ont représenté 68,1 % du total des manifestations du mois de juin contre 51 % au cours des derniers mois, ajoute la même source.

Tout au long de la première quinzaine de juin les travailleurs qui ont perdu leur salaire et/ou leur travail en raison de la fermeture de leurs institutions ou de la suppression de leurs services ont manifesté afin d’obtenir leur salaire et leurs droits financiers. Les mouvements de protestation ont été aussi observés pour revendiquer le droit de l’accès à l’eau potable et à l’emploi outre les revendications dans les secteurs de santé, de l’éducation et de la sécurité.

68,1 % des mouvements de protestation ont été anarchiques (636) contre 31,9 % de mouvements non anarchiques (298).

Sidi Bouzid a été au premier rang des régions les plus protestataires avec 207 mouvements, suivi de Tataouine en deuxième position avec 154 protestations, de Gafsa avec 150 mouvements et de Kairouan avec 123 protestations.

Le Centre Ouest arrive au premier rang des régions les plus protestataires (348), suivi du Sud-Est (169) et Ouest (167) puis du Nord-Est (105) et du Nord-Ouest (53). Le nombre de manifestations violentes ou à tendance violente a atteint 636 manifestations, soit 68,1 % du total des manifestations du mois de juin 2020.

Les routes ont représenté le premier espace pour les manifestants en colère avec 30 %, suivies des hôpitaux avec 13 % et des sièges des gouvernorats à hauteur de 11,5 %.

Les mois d’août, septembre et octobre prochains, qui coïncideront avec la rentrée scolaire, universitaire et politique, devront enregistrer de fortes tensions sociales si le gouvernement ne n’engage pas le dialogue avec les manifestants et trouve des solutions pratiques et efficaces aux dossiers sociaux les plus urgents, conclut le rapport.

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