Une table ronde a été tenue, hier, à l’Onfp sur le thème «Covid-19 et santé sexuelle de la femme». La violence intrafamiliale pendant la période de confinement figure parmi les thèmes qui ont été abordés par les intervenants.

La période de confinement a été très mal vécue par un grand nombre de femmes qui ont eu du mal à accepter non seulement le cloisonnement mais le rythme de vie soudain imposé par la lutte à l’échelle nationale contre la propagation du coronaires. Contraintes de se cloîtrer avec mari et enfants avec obligation de ne pas sortir pendant le couvre-feu, plusieurs femmes ont été victimes de violence, générée par une trop grande promiscuité avec des partenaires qui ont du mal à supporter cette sensation de «lion en cage».

Les divergences de points de vue et les prises de bec… au sein des couples ont fini par transformer, en effet, les foyers en arènes où le plus fort finit par prendre le dessus en recourant, non seulement à la violence verbale mais également physique. Enfermées chez elles avec des partenaires agressifs et violents, la détresse et la peur ont fini par provoquer des crises d’angoisse chez ces femmes fragilisées psychologiquement. Le numéro vert d’aide psychologique ,qui a été mis en place avec au bout du fil des psychiatres et des psychothérapeute qui prodiguent des conseils et apportent du réconfort aux personnes en proie à des troubles anxiogènes et qui supportent mal les effets du confinement, croule sous les coups de téléphone de ces femmes victimes de la violence de leurs compagnons.

Hausse de la violence intrafamiliale et des tentatives de suicide

D’après les chiffres, la cellule d’assistance psychologique a reçu plus de 4.000 appels pendant la période de confinement dont 62% viennent de femmes. Ce sont les régions du Nord du pays qui comptabilisent le plus grand nombre d’appels (1.190) suivies du Centre (572) et du Sud (349). La moyenne d’âge de ces femmes, dont seulement 38% souffrent d’antécédents psychologiques alors que la majorité a affirmé n’avoir pourtant souffert d’aucun trouble psychologique jusqu’au confinement, se situe autour de 37 ans.

464 femmes ont été réorientées vers leur médecin traitant tandis que 131 autres ont été orientées vers les urgences psychiatriques. Selon le professeur Rym Ghachem, cheffe de service de psychiatrie à l’hôpital Razi, la violence intrafamiliale et les suicides et les tentatives de suicide ont augmenté pendant la période de confinement. Le nombre des patientes nécessitant une hospitalisation en milieu psychiatrique a, par ailleurs, enregistré une hausse de 58% au cours du mois qui a suivi la fin de cette période.

Alors que le service accueille en moyenne entre 10 et 12 patientes par mois, le nombre s’est élevé à 19 patientes qui ont été hospitalisées pendant une période variant entre 3 et 27 jours. L’hétéroagressivité figure parmi les principaux motifs d’hospitalisation de ces victimes de violence qui ont souffert principalement de troubles anxiogènes et de détresse psychologique.

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