Maintenant que les dés sont jetés, que le gouvernement Najla Bouden a commencé à révéler l’empreinte qu’il va imprimer à son action, empreinte que l’on peut déceler à travers le communiqué publié, jeudi 14 octobre, sanctionnant la première réunion du Conseil des ministres, que plusieurs composantes du paysage politique et civil national ne polémiquent plus sur la nature du processus du 25 juillet 2021, mais plutôt sur les orientations futures de l’équipe ministérielle Bouden et que les pays amis et partenaires de la Tunisie ont salué la constitution du gouvernement et s’attendent à ce qu’il fasse sortir le pays de sa crise dans les plus brefs délais, on se pose la question dans les milieux qui suivent l’évolution de la situation en Tunisie : comment l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt) conçoit-elle sa contribution spécifique, du fait de  sa position de force de  proposition et d’équilibre au regard de son statut historique reconnu à sa juste valeur par toutes les forces politiques nationales, à l’aboutissement du processus de rectification ou de réforme entamé le 25 juillet et renforcé le 22 septembre dernier, à travers le décret présidentiel 117.

Autrement dit, et pour être plus clair, la centrale syndicale ouvrière, qui s’est toujours comportée en partenaire incontournable dans tout ce qui a été entrepris en Tunisie, aussi bien aux époques de Bourguiba et de Ben Ali, qu’à celle de la révolution, dispose-t-elle d’une approche nouvelle adaptée aux exigences qui devraient accompagner la mise en exécution du plan de redressement économique et social que le gouvernement Najla Bouden va proposer en détail aux Tunisiens après en avoir révélé les grandes lignes lors de l’investiture de son gouvernement au Palais de Carthage ?

Et ce ne sont pas uniquement les adhérents à l’Ugtt qui ont le droit d’exiger de la direction de leur organisation de donner une forme concrète aux rapports à entretenir avec le palais de La Kasbah et de ne pas se contenter des déclarations générales produites par les membres du bureau exécutif de l’organisation et insistant le plus souvent sur les principes élémentaires de l’action syndicale exercée en période ordinaire.

Certes, l’appel téléphonique de Noureddine Taboubi – Najla Bouden pourrait être saisi comme un geste qui témoigne du retour du dialogue entre La Kasbah et la Place Mohamed-Ali en attendant que les choses soient clarifiées davantage et que les Tunisiens soient édifiés, le plus tôt possible, sur ce que l’Ugtt et le gouvernement Bouden feront ensemble.

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