Ce sera un test de qualité pour une équipe de Tunisie mise en doute et qui ne convainc pas. Pour Kebaïer et ses joueurs, c’est une compétition qui compte tant.

On s’est habitué à ne pas donner beaucoup d’importance à la Coupe arabe des nations. Pas reconnue par la Fifa jadis (une compétition ethnique), elle est maintenant parrainée par cette structure, puisque ce sera une sorte de répétition avant le Mondial qatari. On parle ici de logistique et d’infrastructure, plutôt que de compétition. Quoi qu’il en soit, c’est une compétition si significative pour notre équipe de Tunisie : ce sera une première réponse à des questions persistantes autour de l’équipe nationale. On se demande encore que vaut techniquement notre équipe nationale, que vaut alors son staff, quelle est sa vraie valeur technique et si c’est une équipe qui peut gagner à la CAN et qui peut aller au Mondial. Du côté de Mondher Kebaïer, c’est une épreuve de plus pour lui et pour ses deux adjoints ( qu’on ne voit pas vraiment agir et jouer pleinement leurs rôles). Malheureusement pour Kebaïer, ses détracteurs sont plus nombreux que ses fidèles. Il y a ceux qui l’attaquent parce qu’ils veulent retrouver un autre sélectionneur à sa place coûte que coûte, mais il y en a aussi qui critiquent Kebaïer pour ses choix, sa gestion des joueurs et des matches. Ce Kebaïer-là est un sélectionneur qui n’arrive pas à s’imposer auprès de tous, y compris ses joueurs. Ses choix sont si discutables, il n’est pas celui qui aime prendre des risques pour donner un coup de neuf, pour faire une rupture par rapport au passé. Et il finit par accumuler les critiques, si bien qu’il met son employeur, Wadii El Jarry, dans une indélicate position. Cette Coupe arabe peut être un salut pour Kebaïer, comme ça peut être un gouffre. Avec une équipe qui va avec une ossature un peu changée et où il y a plus de joueurs locaux que d’habitude et surtout des joueurs évoluant dans des championnats arabes, on exigera alors une performance minimale, les demi-finales. Toute performance en deçà de ce palier est une contre-performance à notre sens. Kebaïer et ses joueurs le savent bien. Ce sera un  test de plus pour Kebaïer, d’autant que le premier tour ne devrait pas poser de problèmes. On fignolera ses choix de joueurs, en attendant qu’il mette un peu d’ «innovation » dans ses idées, dans les joueurs qu’il investit. Va-t-il le faire ? Ses joueurs, surtout en défense ( la faiblesse criarde de cette sélection !), vont-ils eux aussi réagir et nous livrer une production de jeu et un sérieux plus concrets ? C’est qu’aussi, à un certain moment et sur le terrain, ce sont les joueurs qui prennent le match en charge. L’entraîneur n’est pas quelqu’un qui va tout régler sur le terrain, ce sont le joueurs qui doivent gérer les détails et faire preuve de personnalité et de caractère. A cette équipe de Tunisie, version Kebaïer, on reprochera deux choses : les inquiétants hauts et bas, comme ce dernier match face à la Zambie (excellente première mi-temps et petite deuxième mi-temps), et aussi ce manque d’équilibre défensif ( une équipe dont la défense ne se place pas et ne conteste pas comme il faut). Ce qu’on espère c’est d’avoir une équipe stoïque qui résiste à tous ses maux ; à toutes ses limites et aux aléas adverses. Faute de très grands joueurs ( en fait c’est une équipe surestimée individuellement), c’est dans les classiques vertus qu’on va puiser, tels que le bloc compact, les idées du jeu collectif, les balles arrêtées et surtout la solidité mentale et défensive. Cette Coupe arabe va nous permettre de voir si la construction de la sélection est en train de bien se faire ou non. Sinon, ce sera l’heure des changements déclarés déjà depuis Mauritanie-Tunisie.

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