Par Elyès Guermazi


La révolution de 2011 a été un tournant dans le monde du débat en Tunisie. Après des décennies de silence et de monotonie, notamment dans le domaine politique sous un régime totalitaire, tout le monde a aujourd’hui son mot à dire et le débat commence à prendre place, entre autres, dans les talk-shows et les débats télévisés.

Toutefois, il s’agit de plus en plus d’un débat conflictuel, voire agressif, souvent entre deux tendances opposées où chacun n’a qu’un seul objectif en tête : imposer son point de vue et  rabaisser son interlocuteur.

Pour notre part, ce genre de débats conflictuels et sans doute peu fructueux entre deux clans opposés n’est pas la meilleure façon pour débattre des préoccupations des Tunisiens ni pour les résoudre, bien entendu.

D’ailleurs, historiquement la conception des lois et des stratégies de politiques publiques ont été fondées sur le débat. D’autres pays ont ensuite emboîté le pas aux Britanniques, comme le Canada, les Etats-Unis et la commission européenne.

En effet, le débat est ainsi conçu comme un espace d’expression et de partage ouvert de manière égale à tous. Par ailleurs, le débat est supposé soulever toutes sortes de préoccupations locales, régionales, nationales et internationales afin de trouver un terrain d’entente entre les parties prenantes et des remèdes adéquats.

Concrètement, tout débat doit répondre à des normes : il doit être limité dans le temps qui est réparti de manière égale sur tous les participants. De plus, les équipes doivent avoir le même effectif.

Aussi, un débat est toujours argumenté, preuves à l’appui par chacun des participants. En outre, le respect reste une condition primordiale au bon déroulement d’un débat.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, un débat peut se dérouler au sein de différents espaces : médias, réseaux sociaux, espaces publics Le débat prend notamment de plus de plus d’ampleur et d’utilité surtout via les réseaux sociaux tel que Club House, Facebook, Zoom, ETC.

Le débat, théoriquement aussi efficace que passionnant, manque encore malheureusement d’organisation et de structuration dans notre pays

En effet il n’est pas assez soutenu par les décideurs, bien qu’il soit capable de mobiliser davantage les citoyens, surtout les jeunes et les impliquer dans le choix des stratégies et décisions politiques, particulièrement dans la conjoncture politique actuelle.

* Directeur exécutif, The International

Institute of Debate

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