En colère, les blouses blanches sont beaucoup plus déterminées à se faire entendre. CHU, hôpitaux publics et dispensaires locaux, à travers toute la République, ne fonctionnaient pas à leur rythme habituel. Les consultations et les actes médicaux semblaient à l’arrêt.

L’ultimatum qu’ils avaient donné, à trois reprises, arrive à échéance. Et les négociations-marathons engagées avec leur ministère de tutelle ont fait, hélas, chou blanc. Loin de l’intox d’un nouveau report, la grève des médecins de la santé publique est maintenue à sa date d’hier. Leur syndicat a, cette fois-ci, tenu bon. Il s’est montré, plus que jamais, attaché à ses revendications. En réponse à son appel, médecins, dentistes et pharmaciens sont, déjà, entrés en grève générale, mettant toute activité médicale en veilleuse.

En colère, les blouses blanches sont beaucoup plus déterminées à se faire entendre. Depuis le matin, CHU, hôpitaux publics et dispensaires locaux, répartis à travers toute la République, ne fonctionnaient pas à leur rythme habituel. Consultations et tous actes médicaux semblent à l’arrêt. Centres de vaccination compris. Alors que tous les rendez-vous, ou presque, ont de nouveau été ajournés. A l’exception des cas urgents et des opérations de dialyse qui ne tolèrent aucun retard. Juste un service minimum pur et simple. Dans une déclaration à l’agence TAP, Dr Imed Khlifi, secrétaire général adjoint du syndicat, a expliqué que la décision de cette grève est intervenue en raison du blocage des négociations avec le ministère de la Santé. Celui-ci, s’indigne-t-il, n’a pas répondu aux revendications professionnelles du secteur dont la régularisation de la situation des médecins généralistes et celle de leurs collègues contractuels et intérimaires. Et ce, en vertu du décret gouvernemental 341-2019 fixant le cadre général du régime des études et les conditions d’obtention des diplômes d’études en médecine.

Revendications

Ce texte de loi stipule, entre autres, le remplacement des médecins généralistes par les médecins de famille, sans prévoir de dispositions transitoires propres à ceux déjà en exercice. Raison pour laquelle leur syndicat demande à ce que les médecins généralistes soient reconnus en tant que tels — médecins de famille —, à même de les gratifier des avantages en vigueur. Il tient à ce mouvement de protestation pour mettre en garde contre les conditions de travail dans le secteur public. Unis comme un seul homme, les grévistes comptent aller plus loin, dans leur combat contre toute forme de négligence et de fuite en avant, ils réclament une réforme sanitaire de fond en comble. Halte aux solutions de bricolage ! Qu’on arrête de noyer le poisson. Leur message est on ne peut plus clair: faire en sorte que l’hôpital public prenne son élan et vole de ses propres ailes.

Somme toute, il faut parer au plus pressant, en mettant en œuvre les décisions prises à l’issue du dialogue social tenu en 2019 à l’échelle des 24 gouvernorats. Autrement dit, relancer le débat sur un vrai plan de réforme structurelle, dans l’objectif de rapprocher les prestations médicales du citoyen, où qu’il se trouve, et lui assurer des services de soins de qualité. Autrefois, il y avait eu aussi un débat similaire instauré sur le droit d’accès à la santé, en tant qu’un acquis constitutionnel garanti. Mais aussi des cris de détresse ayant retenti partout dans nos hôpitaux, suivis de plusieurs mouvements de protestation, aux fins de mettre la pression sur le gouvernement. La grève d’hier finira-t-elle par démêler l’écheveau et remettre le train de l’hôpital sur les rails ?    

crédit photo : © Koutheir KHANCHOUCH
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