Qu’elle soit encore décriée ou non, qu’elle ait répondu ou non aux aspirations et aux attentes des Tunisiens une décennie entière, l’Assemblée des représentants du peuple aurait besoin aujourd’hui d’élus complètement différents de ceux qui étaient en place et dont l’activité a fini par être gelée.

L’on n’hésitera pas ainsi à considérer les 10 ans de dérapages à l’ARP d’un mandat à l’autre, comme étant le temps de l’abaissement et de l’avilissement parlementaire, du déchirement pathétique des députés sous l’Hémicycle.

A des années-lumière des vrais parlementaires qui ont écrit l’histoire de la Tunisie, des méthodes qui avaient su définir une vraie identité parlementaire tunisienne, ceux qui avaient accédé tout au long de la décennie noire au Parlement ont œuvré sans boussole, éparpillés et désemparés dans pratiquement tout ce qu’ils avaient entrepris. Au vu de leurs limites, on se demandait, et on se demande encore, si la plupart méritaient vraiment la place là où ils étaient. Leur discours, leur méthode et leurs actions étaient un symbole de décadence à  enseigner dans les écoles politiques.

Pareille carence ne concernait pas seulement les députés. Elle puisait sa raison d’être au sein des partis politiques auxquels ils appartenaient. Les dérives et les dérapages n’avaient jamais de limites. Entre intérêt partisan et intérêt parlementaire, l’ARP n’a jamais trouvé ses repères. Que ce soit sur le plan purement législatif ou celui ayant trait aux considérations politiques, on ne voit toujours pas comment le Parlement en était arrivé là sans que la responsabilité des partis politiques ne soit totalement engagée.

Il y a aujourd’hui de ces Tunisiens qui se demandent encore comment ils avaient choisi tel ou tel élu pour les représenter au Parlement. D’autres, encore, veulent tourner une fois pour toutes le dos à un milieu vilipendé pour ses dérives. Mais c’est la Tunisie tout entière qui est en train de payer le prix de cette décomposition fatale. Encore merci à tous ceux qui sont passés par-là et à tous les niveaux de responsabilité!

C’est pourquoi ceux qui iront voter le 17 décembre 2022 devraient faire preuve de beaucoup de vigilance. Leur confiance devrait être accordée à ceux qui la méritent réellement. Il faudrait qu’ils évaluent à leur juste valeur les opportunités et les défis tels que représentés dans la nouvelle loi électorale. Laquelle loi interdit à ceux qui se porteront candidats aux législatives, en tant que membres de partis politiques, de bénéficier du financement de leurs structures. Idem pour les financements octroyés par les associations.

Au-delà des attentes et en dépit des défaillances et des dérapages de la plupart des partis politiques, le pouvoir législatif sera, après les élections du 17 décembre, dans l’obligation de retrouver son salut. Même dans un environnement politique qui ne fait pas toujours l’unanimité…

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