L’entreprise autrement | Ramadan, mêmes problèmes, mêmes pseudo-solutions

 

C’est toujours la même rengaine.  A l’approche du mois saint de Ramadan et son corollaire l’Aïd, qui le clôture, les mêmes problèmes, surtout ceux à caractère socioéconomiques, se posent, bien sûr, selon les saisons. Les mêmes pseudo-solutions sont alors proposées et mises en œuvre pour soi-disant les résoudre. Parfois, il n’y a aucune solution à proposer et le problème est tout simplement éludé.

Nous disons cela sans oublier que le mois saint est, dans son essence et sa finalité, une aubaine car il est le mois de l’abstinence, donc de la remise en forme, du travail bien fait, du self-contrôle, de la solidarité, du vivre-ensemble et plein d’autres bienfaits.

Il est aussi une aubaine pour l’économie d’une façon générale, même si les budgets des ménages sont fortement ébranlés, car il s’accompagne d’une augmentation de la consommation. Alimentation, transport, habillement, cuir et chaussures, bijouterie, jouets, médias audio-visuels (Pub) y trouveront leurs comptes.

Le tourisme intérieur, lui, va par contre en souffrir, cette année car toutes les vacances scolaires du printemps se dérouleront au mois de Ramadan. Les hôteliers, eux, ont plus d’une corde à leur arc, puisqu’ils proposent déjà des repas d’iftar animés, des soirées musicales et bon nombre de nos frères algériens ont déjà exprimé leur intention de venir passer quelques jours, chez nous, au cours du mois saint.      

Citons, en vrac, les problèmes liés, à la ro’ iya (observation visuelle du croissant lunaire pour la détermination du début et de la fin du mois), qui signifie flottement et atteinte à la notion de planification, la diminution de la productivité déjà vacillante au cours du reste de l’année, l’augmentation du phénomène du gaspillage et de la masse des déchets ménagers.

Citons, aussi, l’augmentation de l’enveloppe subvention, qui va s’épaissir au détriment d’autres dépenses plus urgentes et vitales, la chute notable de la consommation pendant au moins une quinzaine de jours après la fin du mois saint, l’augmentation des dépenses de santé liées aux conséquences de l’anarchie du comportement alimentaire, surtout chez les personnes souffrant de troubles du métabolisme, et la liste pourrait s’allonger.

Et comme déjà dit, les solutions proposées s’avèrent toujours limitées, de rafistolage et du genre « le provisoire qui dure ». L’on continue de pédaler, comme on dit, dans la semoule, laquelle, ironie du sort, est toujours introuvable, et en dénicher une petite quantité est un vrai calvaire.

Et l’Etat continue, lui, de gérer l’offre quotidienne au lieu de la gérer à tous les niveaux de la consommation, alors que le ministère de l’Agriculture vient de rassurer la population que légumes, fruits, viandes, œufs et lait et dérivés seront disponibles, comme il se doit au cours du mois saint.

Par contre, tout le monde ou presque oublie le phénomène inquiétant de l’aggravation de la dérive alimentaire et nutritionnelle, qui fait déjà beaucoup de victimes et fait que la facture des dépenses de santé, ainsi que celles indirectes et aussi les pertes liées, devient encore plus salée.

L’on continue aussi de laisser la pub s’attaquer aux enfants sans qu’aucune balise ne soit mise en place afin de limiter les dégâts et pourquoi pas les stopper. La pub, qui est le moteur de l’audio-visuel, doit avoir sa place, certes, mais sans faire de victimes.

Sachant que pour séduire les annonceurs, les chaînes se font la guerre en termes d’audience et multiplient, de ce fait, le racolage en proposant des produits s’adressant d’une manière brute et vulgaire aux instincts des téléspectateurs.

Côté prix, les autorités compétentes ont annoncé des mesures allant de la limitation des marges bénéficiaires, jusqu’à la mise en place de points de vente types du producteur au consommateur, même si l’expérience n’a pas toujours été concluante, ces dernières années, en passant par les descentes fréquentes et dissuasives des équipes du contrôle économique.

Disons, avant de conclure cette première partie, que la détermination du début et de la fin du mois saint à l’aide la ro’iya est un acte qui à la fois fait sourire et pleurer. Dans le Coran, Dieu a été précis, il s’agit de constater solennellement et d’une manière infaillible et irréfutable la naissance du nouveau croissant (Chahida), ce que les calculs astronomiques permettent et non d’observer visuellement ou le voir (che’ hada).

Donc, s’obstiner à vouloir créer le flottement, côté horaires du travail lors de ce que l’on appelle « la nuit du doute » et l’annonce, début de la nuit de l’avènement du mois saint est devenu surréaliste et même absurde. Le problème devient plus grave pour l’annonce de l’avènement de l’Aïd. Là, des centaines de milliers de gens ne sauront pas si le lendemain ils travaillent ou non. Bon Ramadan !

(A suivre)

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