Elevage et alimentation animale: Défis et perspectives de développement

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Propagation de la cochenille dans les plantations de figue de Barbarie, manque et cherté des alimentations animales, rareté des ressources en eau, instabilité de la distribution des différents produits vétérinaires, problèmes structurels de la filière laitière, etc, telles sont les thématiques, et bien d’autres, qui ont été débattues lors de la 20e édition du Pamed, en présence de plus de 3.000 professionnels et des centaines de représentants des différents acteurs du secteur des productions animales et agricoles.


Avec une participation record de plus de 310 exposants, la 20e édition du Salon méditerranéen des productions animales et de l’élevage (Pamed), organisé récemment, a enregistré la participation de plusieurs délégations internationales représentant plus de 17 pays,  la Jordanie, la Chine, l’Espagne, la Belgique, le Canada, la France, l’Italie, les Pays-Bas, la Turquie, etc. Les différents acteurs dont les professionnels, les grandes marques d’équipements et d’alimentations, les institutions et laboratoires de recherches, les décideurs du secteur public et du secteur privé, ainsi que des organisations et structures nationales et internationales des professionnels, et des start-up innovantes ont répondu présent à ce rendez-vous qui s’est frayé une place dans le calendrier international des salons du genre.

Importante participation africaine

Les sociétés exposantes, nationales et internationales ont profité du salon pour présenter leurs produits dont des nouveautés des grandes marques internationales, des équipements du secteur de l’élevage et de la production animale, des produits vétérinaires, de l’alimentation, des additifs alimentaires, des solutions technologiques en matière de gestion de l’eau, de l’énergie, etc. C’est un salon qui attire les professionnels locaux et internationaux en premier lieu, souligne Hamdi Souissi, directeur du Pamed. «Ces professionnels y participent pour trouver des réponses et des solutions à toutes leurs doléances et besoins. Nous avons accueilli une grande délégation africaine qui a participé au séminaire de la Gipac avec des agronomes, éleveurs, consultants, vétérinaires, conseillers, chercheurs, et décideurs du privé et public. En outre et en collaboration avec la Confédération africaine de développement de l’aviculture, Cada, on a organisé un congrès sur les perspectives de développement agricole en Afrique». La délégation africaine comprend des représentants de l’Algérie, le Maroc, le Sénégal, le Mali, la Guinée, le Burkina Faso, le Cameroun, le Bénin, la Côte d’Ivoire, etc.

Aussi et en marge du salon, un espace a été dédié aux start-up qui ont exposé leurs nouveautés en matière de technologies dans différentes spécialités en relation avec le secteur d’alimentation, d’énergies, de gestion de l’eau, etc.

Selon Hamdi Souissi, le salon a réussi à hisser une place de choix en dépit d’une conjoncture nationale et internationale pleine de défis dont les maladies, la rareté des ressources et les transitions énergétiques.

Filière laitière et aviculture

Mettant l’accent sur un secteur très important de production animale, l’association Dairy Club a organisé une journée d’information sur la filière laitière avec la participation d’un nombre de députés tunisiens dans l’objectif d’identifier des solutions aux problèmes que rencontre cette filière. Des visites à quelques centres de collecte à Bizerte ont été organisées pour dresser l’état des lieux du secteur.

Une journée scientifique a été programmée sur l’aviculture et les progrès en matière de pratiques vétérinaires. De même, une société française, Hendrix Genetics, spécialisée dans la génétique animale, a profité du salon pour présenter aux éleveurs et vétérinaires une nouvelle souche volaille de chair et pondeuses qu’elle va introduire en Tunisie. D’un autre côté, l’Office de l’élevage a organisé une journée d’information pour présenter les méthodes d’introduction et de transformation de la figue de barbarie en tant qu’aliment pour bétail. Une méthode imposée par la conjoncture puisqu’avec l’infestation à grande échelle des plantations de figue de barbarie dans certaines régions, comme Nabeul et Kasserine par le parasite de la cochenille, des solutions doivent être trouvées pour lutter contre sa propagation. L’une des méthodes principales est le déracinement. Pour valoriser ces plantations déracinées, l’on a préconisé leur usage en tant qu’aliment.

Dessalement de l’eau

En ouverture du salon, le secrétaire d’Etat aux ressources hydrauliques, Ridha Gabouj, indique que la production des viandes blanches est assuré au cours de la saison estivale malgré la hausse des prix de certaines composantes des aliments animales. « Actuellement, nous avons atteint l’autosuffisance en matière de viande blanche et d’œufs avec une capacité de production de 220 mille tonnes par an de viande blanche et de 160 millions d’œufs par mois. Nos produits sont de très bonne qualité et ont une bonne réputation à l’échelle régionale et internationale».

Le secteur est très porteur notamment pour aller exporter l’excédent. De même, «on pourra produire localement les reproducteurs chair et ponte dont nous importons respectivement un million et soixante-dix mille reproducteurs chaque année.

Aussi, nous remarquons que la veille sanitaire est bonne et nous tenons à la surveiller».

Evoquant les stations de dessalement d’eau, il a confirmé que la station de Zarat, dont la capacité de production est de 50 mille m3 par jour, serait opérationnelle prochainement. Pour la station de Sfax, elle sera opérationnelle à la fin du mois de juin, avec une capacité de 100 mille m3 par jour. De même pour la station de Sousse, dont le taux de réalisation s’élève à 70 %, serait opérationnelle la fin de l’année courante.

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