L’ambiance n’est pas très agréable, en tout cas pas en ce moment. On aimerait qu’il y ait moins d’agressivité entre les politiciens, que le pouvoir d’achat grimpe, que les transports publics s’améliorent, que la paix règne dans les pays voisins. Beaucoup de vœux pieux pour cette année 2020 ! «Malla Jaw», texte de Jalleleddine Essaâdi, est construit sur l’actualité. Après le fulgurant succès de «Dar El Hana», il renoue avec sa partenaire Kawther Bardi pour une autre aventure théâtrale mise en scène par Zouheir Rais, directeur du Théâtre municipal de Tunis.


Le Théâtre municipal de Tunis était archicomble lors de la première présentation de cette nouvelle création. Pas une place vide. Le public tunisien aime le vaudeville et surtout le duo Bardi et Essaâdi. L’entrée en scène des deux artistes se fait par les portes d’entrée des spectateurs. Les deux acteurs se téléphonent pour se donner des nouvelles. Puis, on les retrouve en scène dans un décor minimaliste. Une table et deux chaises. Les deux protagonistes campent le rôle de politiciens dans un débat télévisé. L’ambiance n’est pas joyeuse. On se chamaille, on se tiraille devant les caméras autour de sujets importants, mais qui sont pris à la légère par ces candidats qui veulent prendre le pouvoir à tout prix.

Puis on passe à autre chose, par exemple au transport public et aux problèmes de harcèlement sexuel, le tout dans un dialogue utilisant la subtilité, un jeu de mots et des formules enlevés et hilarants pour faire rire les spectateurs. Cette comédie satirique est construite sous forme de sketchs courts qui touchent à la vie quotidienne des Tunisiens. Des sujets certes rebattus, comme la télé poubelle ou les querelles au sein du parlement, mais qui continuent encore à fonctionner grâce au théâtre. Celui-ci les transcende en leur accordant un pouvoir moins contraignant, voire fluide qui les décarcasse de leur poids réel. C’est grâce au pouvoir des comédiens que ce vaudeville prend forme et titille les spectateurs.

Kawther Bardi, une vraie bête de scène, sans complexe, fière de ses kilos en trop, mène le jeu avec grand panache. Comme dans un couple au lit, elle tire le drap de son côté et dénude son partenaire qui doit trouver les formules justes pour lui rendre la pareille. Lui, Jalleleddine Essaâdi, moins bien loti qu’elle, se défend comme il peut face à cette ogresse qui par sa seule présence remplit la scène. Les deux font la paire pour le plus grand plaisir du public qui a participé à l’ambiance avec un grand bonheur. A la fin de la représentation, le roi de la comédie, Lamine Nahdi, présent dans les premières rangées du théâtre, a tenu à offrir un bouquet de fleurs aux comédiens pour leur belle prestation. Le chanteur Adel Younis, époux de Kawther Bardi, ainsi que leur fille sont venus féliciter les artistes et leur souhaiter bonne chance pour les prochaines représentations.

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