Le ministère de la Santé publique vient de lancer une campagne de vaccination contre la rougeole, destinée aux adultes âgés entre 25 et 35 ans. Cette mesure rejoint la consigne internationale, qui exige une vaccination de rattrapage au profit des personnes nées après 1980.


Il s’agit d’une lutte acharnée contre une maladie virale qui continue, en dépit de l’avancée insoupçonnable de la couverture vaccinale anti-rougeole, de représenter une menace pour la santé publique mondiale.
En effet, la rougeole est une infection qui revient à l’atteinte par le paramyxovirus de la famille des morbillivirus. Elle touche majoritairement les enfants et les nourrissons sans pour autant épargner les adolescents et les adultes. Les nourrissons âgés de moins de douze mois et les adultes en représentent les victimes les plus vulnérables, et ce, en conséquence aux éventuelles complications parfois graves, voire mortelles qui risquent de survenir.

Ce qui rend la rougeole encore plus redoutable, c’est son aspect contagieux. Il suffit, pour le malade, de tousser, d’éternuer et de laisser des gouttelettes de salive ou de sécrétions nasales s’éjecter dans l’air pour faciliter la contagion. Notons que la période d’incubation du virus s’étale sur dix jours, soit cinq jours avant l’apparition des éruptions cutanées et cinq jours après le repérage des symptômes ; une période propice à la contagion.

Durant cette période, et particulièrement durant les premiers cinq jours d’incubation du virus, le malade présente plusieurs symptômes, dont une forte fièvre, une toux, une rhino-pharyngite, une conjonctivite, ainsi qu’une grande sensation de fatigue. Les éruptions cutanées surviennent par la suite. Il s’agit, essentiellement, de taches rouges, légèrement élevées par comparaison avec l’aspect normal de la peau et qui parsèment la totalité du corps du malade.

Vaccin : deux doses obligatoires dès l’enfance
Pour lutter contre la rougeole, l’OMS recommande l’élargissement et l’obligation de la couverture vaccinale anti-rougeole. Cette dernière doit, impérativement, frôler les 95% de la population infantile afin de réduire au maximum la prévalence de cette infection virale. Aussi, et chez les enfants, le vaccin trivalent — soit un vaccin anti-rougeole, anti-oreillons et anti-rubéole à la fois — se fait par deux doses successives : une à l’âge de 12 mois et une chez l’enfant âgé entre 16 et 18 mois. Encore faut-il préciser que la deuxième dose ne représente point un rappel, mais un rattrapage systématique.

La rougeole chez l’adulte : place à l’hospitalisation !
Une vaccination de rattrapage obligatoire est, par ailleurs, recommandée pour les personnes nées après 1980. Elle constitue une garantie contre l’atteinte des adultes n’ayant pas été vaccinés ou n’ayant pas attrapé le virus durant leur enfance. Cette population est exposée à un risque considérable, en raison d’éventuelles complications et surinfections que peut engendrer une rougeole tardive, comme la laryngite, l’otite, la pneumonie, l’atteinte du foie ou des reins, ainsi que l’encéphalite qui risque d’être fatale ou d’engendrer de sérieuses séquelles.

Notons que chez l’enfant âgés de moins de 12 mois comme chez l’adolescent et l’adulte, il doit bénéficier d’une meilleure prise en charge médicale, de prévenir les complications et de réduire le risque de contamination. De leur côté, les médecins sont appelés à signaler à la structure de tutelle tout cas diagnostiqué.

Certes, cette maladie virale ne dispose pas d’un traitement qui lui est spécifique. Néanmoins, le vaccin anti-rougeole s’avère être le meilleur moyen de prévention contre cette maladie.
D’ailleurs, l’OMS estime que le vaccin a évité 20,4 millions de décès dus à la rougeole, et ce, entre 2000 et 2016. Les traitements symptomatiques accompagnés d’un suivi médical régulier seraient, généralement, efficaces pour s’en sortir.

Les gestes qui sauvent
Il convient aussi de respecter certaines mesures de précaution afin d’éviter la contamination. Des mesures d’hygiène sont ainsi à adopter, comme le fait de se laver, régulièrement, les mains, d’éviter le contact avec des personnes malades. Ces dernières sont appelées à se couvrir la bouche et le nez à l’aide d’un mouchoir jetable afin d’éviter que des gouttelettes de salive ou de sécrétions nasales ne se propagent dans l’air et n’affectent leur entourage. Il est recommandé, aussi, de veiller à la désinfection régulière de tout objet utilisé par le malade, d’aérer la maison au moins une fois par jour et de maintenir la température ambiante à seulement 19°C afin d’éviter la prolifération du virus.

Malgré le progrès de la lutte contre la rougeole via l’amplification de la couverture vaccinale à travers le monde, la rougeole a été la cause, en 2016, du décès de 89.780 personnes. La lutte doit, ainsi, poursuivre sa courbe croissante pour faire face à cette maladie.

* Source : www.doctissimo.fr
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