«Le déficit des entreprises publiques coûtent à l’Etat plus de 1.000 millions de dinars. C’est énorme! La société Transtu coûte à elle seule 800 millions de dinars. Si on parle de réforme, il ne s’agit pas nécessairement de privatisation mais plutôt d’une restructuration financière qui permet au secteur privé de faire part du capital de l’entreprise. Cela permettra une amélioration de la gouvernance de l’entreprise».


En marge de la rencontre annuelle qui a été organisée par le syndicat patronal Conect, le président de la confédération, Tarak Cherif, a été interpellé sur ses pronostics sur le futur gouvernement.  

Le président de la confédération n’y est pas allé par quatre chemins pour avertir la classe politique sur les répercussions d’une éventuelle continuité des atermoiements dans la mise en œuvre des transformations indispensables au décollage économique de la Tunisie. «Il faut voir, ce qu’on est en train de faire ailleurs dans le monde. Même au niveau régional, plusieurs pays qui nous ressemblent ont fait des transformations spectaculaires», s’est indigné Tarak Cherif. Tout en encensant le chef du gouvernement désigné, il a fait savoir qu’Elyes Fakhfakh doit choisir entre deux voies. La première est celle de la volonté et la détermination de réaliser les changements et d’engager les réformes à même de sauver le pays. La deuxième étant de se laisser faire, face à l’opposition des partis politiques,  mais également de certaines parties qui refusent le changement parce qu’elles tirent profit de la situation actuelle. «On est à un rond-point, un carrefour de destinations différentes où il faut choisir soit l’intérêt du pays, soit une carrière à gérer», précise M. Cherif.

Il a rappelé dans ce sens que le contrat avec le FMI prendra fin au mois de mai prochain et que deux tranches du prêt octroyé dans le cadre du contrat en vigueur ne sont pas toujours débloquées, en raison de la réticence du FMI face à l’instabilité politique que vit le pays. 

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Et si on renégocie un nouveau contrat avec le FMI, avec de nouvelles conditions ? « Le discours qui favorise la sortie sur le marché international au lieu de contracter des emprunts auprès du FMI est de plus en plus récurrent et en train d’envahir le débat public. Je dirais que c’est dommage de penser à faire un tel choix étant donné que le FMI prête avec des taux extrêmement réduits qui sont de l’ordre de 1,5% alors que la levée des fonds sur le marché international est très coûteuse compte tenu des taux d’intérêt qu’elle génère et qui sont de l’ordre de 7 à 8%. Nous pouvons renégocier un nouveau contrat avec le FMI avec de nouvelles conditions tout en préservant la même lignée des contrats conclus précédemment», a expliqué le président de la Conect. 

Intervenant sur les origines et les répercussions du dérapage budgétaire, Tarak Cherif a précisé que la masse salariale et la charge de la dette représentent à elles seules environ le deux tiers du budget de l’Etat. «Une situation insoutenable qui nécessite un redressement immédiat», souligne-t-il.

Le président de la confédération a expliqué, dans ce contexte que la réforme des entreprises publiques est plus que jamais urgente. «Le déficit des entreprises publiques coûte à l’Etat plus de 1.000 millions de dinars. C’est énorme! La société Transtu coûte à elle seule 800 millions de dinars. Si on parle de réforme, il ne s’agit pas nécessairement de privatisation mais plutôt d’une restructuration financière qui permet au secteur privé de prendre part au capital de l’entreprise. Cela permettra une amélioration de la gouvernance de l’entreprise.

On peut la gérer avec une seule action, à savoir le très fameux Golden Share. Si on se compare au Maroc, vous allez voir que 14% du budget marocain est financé par les bénéfices des entreprises publiques marocaines. La situation actuelle ne peut plus durer», a conclu Tarak Cherif.  

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