Comme d’habitude, «on» doit faire le bilan du sélectionneur même si on est à mi-chemin des objectifs fixés. A quand le changement… de ces pratiques pour une vraie stratégie?

Au terme de ce premier jet de dix matches de l’équipe nationale sous la houlette de Mondher Kebaïer, sommes-nous en mesure de faire un bilan servant à évaluer le travail effectué jusque-là et les résultats enregistrés.

On peut toujours le faire sans pour autant intenter le procès de Mondher Kebaïer. Car, en effet, ce dernier n’a rien qui le différencie de ses prédécesseurs Henry Kasperczak, Nabil Maâloul, Maher Kanzari, Faouzi Benzarti et Alain Giresse qui ont tous connu des résultats en dents de scie rimant beaucoup plus avec  la médiocrité qu’avec la réussite. Même si personne n’a le droit de cracher sur la quatrième place réalisée avec Alain Giresse lors de la dernière CAN qui a eu lieu en Egypte en 2019.

D’ailleurs, jusqu’à présent, on n’arrive pas à expliquer comment notre équipe nationale, qui a terminé le premier tour avec trois matches nuls, soit parvenue à atteindre le dernier carré avant même plusieurs autres équipes plus fortes !

Le comble, c’est que cette petite performance n’a pas plaidé en faveur du pauvre Giresse qui devait, coûte que coûte, subir le sort réservé inéluctablement à tous les entraîneurs nationaux depuis belle lurette : le limogeage.

Et le travail de continuité et les stratégies à moyen et à long termes, qu’est-ce qu’en on fait? Eh bien, rien du tout, cela ne rentre dans la politique d’aucune institution en Tunisie ! Encore moins une institution sportive comme la FTF qui nous a habitués à la navigation à vue et à l’improvisation en faisant fi de toutes les critiques et les suggestions émanant des spécialistes et   d’anciennes gloires de notre football.

Déjà on parle des éventuels candidats au poste de sélectionneur     national à la place de Mondher Kebaïer.

Certains rêvent de Radhi Jaïdi, d’autres pensent que l’entraîneur de l’USMonastir, Lassaâd Jarda, est le mieux placé pour cette mission «suicidaire». Alors que d’autres encore soutiennent toujours l’idée qu’il faut un entraîneur européen, qui coûterait les yeux de la tête évidemment, pour que notre sélection remporte «la Coupe du monde».

Mais quel que soit le nom de l’éventuel remplaçant de Kebaïer, on ne peut que le plaindre pour ce qui l’attend comme bâtons dans la roue et comme problèmes insurmontables.

Du coup, il serait judicieux de se contenter de ce qu’on a dans ces temps difficiles qui affectent tous les appareils de la machine tunisienne qui se trouve être grippée de partout.

De toutes façons, il n’y a aucune raison de penser au changement  sans raison. On l’avait fait absurdement avec Faouzi Benzarti et Alain Giresse qui n’ont eu que des résultats positifs. Alors, on ne peut pas réitérer la même rengaine avec Kebaïer, malgré le fait qu’il n’a jamais été le mieux indiqué pour veiller aux destinées du club Tunisie. Mais c’est une question de principe car il faut cesser de nous prendre pour des débiles.

Depuis un certain temps, on change d’entraîneur national comme on change de chemise.

Toujours les mêmes bilans

Jusqu’à présent, Kebaïer n’a pas essuyé l’échec qui serait susceptible de le placer sur un siège éjectable. Son équipe a livré une dizaine de matches depuis sa désignation au mois d’août 2019.

Six victoires, trois nuls et une seule défaite en amical contre la Côte d’Ivoire (1-2) résument ses résultats enregistrés avec une très aisée qualification à la phase finale de la CAN 2022 après une nette domination du groupe «J». Est-ce pour ces résultats qu’on doit le changer ? Que dirait alors Joachim Löw, l’entraîneur de l’équipe nationale d’Allemagne  qui vient de se laisser humilier (0-6) contre l’Espagne en coupe d’Europe. Ni les médias ni les responsables allemands n’ont, à aucun moment, pensé au limogeage de Löw qui est à la tête de la «Mannschaft» depuis 2006.

Là-bas les gens savent que s’il y a un changement qui doit être effectué, c’est bien au niveau de la politique et des stratégies qu’il faut le faire. Là-bas on n’oublie pas qu’avec le même homme, l’Allemagne avait surclassé historiquement le Brésil (7-1) au Brésil même où elle avait remporté la coupe du monde de 2014.

Comme on est loin de ces gens-là qui savent où ils vont en optant pour des politiques de longue haleine sans être ébranlés par des accidents de parcours dont nul n’est épargné!

Ce que nous souhaitons, c’est de voir un jour un entraîneur national qui ne sera pas dérangé dans sa mission pour un long bail de cinq ou même dix ans. C’est seulement ce genre de chose qu’il faudrait entreprendre pour rompre avec l’ahurissante perpétuelle improvisation.

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