La rage est une maladie contagieuse et mortelle qui cause annuellement la mort de milliers de personnes à travers le monde, principalement en Asie et en Afrique. Les enfants de moins de 15 ans sont les plus touchés.

En Tunisie, la rage est une maladie endémique et cause, jusqu’à ce jour, des pertes sanitaires et économiques importantes. Il est à noter que depuis 1982, il existe un Plan national de lutte contre la rage (Pnlr) qui fait intervenir différents acteurs (ministère de la Santé publique, ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche, ministère des Collectivités locales, ministère de l’Intérieur, ministère de l’Environnement) et toutes les actions d’intervention dans ce plan sont gratuites. Chargée des dossiers « Rage » et « Brucellose  des petits ruminants » au sein de la Direction Générale des Services Vétérinaires  Tunisie, Dr Emna Brour, médecin vétérinaire sanitaire,  explique que ses tâches sont multiples au sein du ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche. Elles incluent la vaccination gratuite et obligatoire des carnivores domestiques (chiens, chats), des bovins du secteur organisé et des animaux des centres touristiques, de loisir et de course contre la rage, ainsi que la surveillance épidémiologique et la gestion des foyers animaux déclarés. Au cours de ces dix dernières années, on a enregistré une moyenne de 380 cas de rage chez les animaux et 3 cas chez les humains. Cette année, et jusqu’à ce jour, aucun cas humain n’a été notifié, d’après le médecin vétérinaire. «Il faut savoir que la répartition des cas chez les animaux est représentée par une moyenne de 60% chez les chiens, 22% chez les bovins et de 7 % chez les petits ruminants. Nos herbivores domestiques sont des victimes et leur positivité  cause des pertes économiques importantes sachant que les éleveurs ne peuvent pas être indemnisés ».

Campagne de vaccination gratuite

Le ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche lance annuellement une campagne de vaccination gratuite et cette année est prévue du 2 janvier au 31 mars 2021.

Elle a englobé les carnivores domestiques (chiens, chats), les bovins du secteur organisé et les animaux des centres touristiques, de loisir et de course.

Du point de vue pratique, durant les mois de la campagne, la vaccination antirabique réalisée par les équipes des services vétérinaires régionaux se fait dans les centres de rassemblement listés et publiés. Les équipes font également  du « Porte à Porte ». Dans chaque gouvernorat, les listes des centres de rassemblement par délégation et par localité ont été publiées et affichées au grand public au niveau des Crda, des APA, des municipalités et sur les réseaux sociaux. « La communication autour des dates de vaccination est primordiale pour la réussite de la campagne. Et pour ceux qui ont raté la campagne de vaccination antirabique, il est à noter qu’il existe à travers tout le pays environ 200 centres fixes de vaccination où la vaccination est possible tout au long de l’année (même en dehors de la campagne) et dont les adresses sont disponibles sur le site www.rage.tn », note le docteur Emna Brour. Il convient d’insister sur l’importance de la vaccination contre la rage pour contrôler, voire éradiquer cette maladie d’autant plus qu’on note une nette augmentation des chiens inaccessibles à la vaccination (chiens sans propriétaires ou à propriétaires non attachés) qui rend difficile la réussite des campagnes de vaccination. Or, la gestion des populations de chiens errants est quasiment nulle depuis 2011. L’éradication de la rage humaine à l’horizon 2030 est un objectif vers lequel tend la Tunisie qui est pleinement engagée dans les stratégies mondiales élaborées par les organisations mondiales : Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Organisation Mondiale de la Santé Animale (OIE) et Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). « Cet objectif est parfaitement réaliste et réalisable, il nécessite juste l’implication de toutes les parties prenantes (ministères concernés, société civile, citoyen, médias…) », note le médecin.

Et de conclure : «  Vacciner son animal revient à protéger le cheptel tunisien et préserver des vies humaines. Cette vaccination est gratuite. Il faut juste se renseigner sur le centre de rassemblement le plus proche de son domicile. C’est un acte citoyen. Soyons présents et unis pour lutter contre cette maladie ».

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