L ’imbroglio institutionnel et l’impasse constitutionnelle à propos de la prestation de serment des nouveaux ministres devant le Chef de l’Etat perdurent et risquent de jeter le pays dans une crise dont personne, en premier lieu les «constitutionnalistes savants» et ceux qui se sont autoproclamés «sages de la nation», n’est en mesure de prédire les retombées. Ainsi, les explications académiques des solutions que prévoit la Constitution dans de telles situations, les missions de bons offices entreprises cà et là et les pressions douces ou les conseils amicaux prodigués par les amis des uns et des autres n’ont abouti, finalement, qu’à durcir, encore plus, les positions des protagonistes qui sont, de jour en jour, encore plus accrochés à leurs attitudes initiales, refusant l’idée même de discuter avec ceux qui ne partagent pas leurs approches. Et les Tunisiens désireux de voir la crise connaître une solution qui prenne en considération les intérêts de tous les protagonistes et mette l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de toutes les considérations de rester sur leur faim, appelant à ce que la voix de la raison triomphe et que le dialogue constructif supplante les tiraillements interminables et s’impose aux dépens des ambitions personnelles, des agendas partisans et des ego démesurés. Il est temps que les parties en conflit reviennent à l’évidence, remettent leurs pendules à l’heure de l’intérêt supérieur de la nation et saisissent que l’instant historique par lequel passe notre pays leur commande de mettre leurs différends de côté et de se mobiliser pour la réalisation d’un objectif commun, celui de sauver, ensemble, l’Etat national et de préserver son aura, son prestige et son image auprès des pays frères et amis, ainsi qu’auprès de nos partenaires étrangers qui ne ratent aucune occasion pour insister sur la nécessité impérieuse pour nos politiques d’opter pour une approche consensuelle de gestion des affaires de l’Etat.

Pour ceux qui disent avoir perdu tout espoir de voir l’élite politique actuelle s’élever aux impératifs de l’étape, poser la question du retour à la raison n’est plus d’actualité et relève d’un rêve inaccessible. Il reste, cependant, que l’appel à la raison et l’attachement au dialogue en tant que mécanisme idéal pour la résolution des conflits quelle que soit leur acuité demeurent toujours la voie à suivre, l’ambition finale étant de sauvegarder la jeune et prometteuse expérience démocratique tunisienne.

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